Pornographie

La pornographie est la «représentation complaisante de sujets, de détails obscènes, dans une œuvre artistique, littéraire ou cinématographique».


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Définitions :

  • La pornographie est la représentation explicite de la sexualité. Elle est règlementée dans plusieurs pays : un âge minimum est requis, les ... (source : travaildusexe)

La pornographie est la «représentation complaisante de sujets, de détails obscènes, dans une œuvre artistique, littéraire ou cinématographique»[1]. Cette représentation d'acte sexuel a pour objectif d'exciter sexuellement le spectateur[2], [3]. Ainsi, l'actrice Tiffany Hopkins la définit comme «avant tout un objet de divertissement qui a pour finalité la masturbation»[4].

Au XVIIIe siècle et au XIXe siècle, la pornographie désignait les études concernant la prostitution. Ce qui se retrouve dans son étymologie où le mot pornographie vient du grec ancien πορνογράφος / pornográphos[5], lui-même un dérivé de πόρνη / pórnê signifiant prostituée et de γράφω / gráphô, qui veut dire peindre, écrire ou décrire.

Ce terme est quelquefois opposé à l'érotisme, quoique cette différence soit fluctuante avec le temps[6] et est fréquemment connoté négativement par son assimilation à la production de films pornographiques, production décriée par ses opposants comme une industrie du sexe plus intéressée par l'intérêt mercantile que par la question de la représentation sexuelle. Ils rapprochent la pornographie de la prostitution, considérant cette dernière comme une forme d'esclavage et de maltraitance des femmes. Ils insistent ainsi pour distinguer clairement la représentation de la sexualité (et de la nudité) de la pornographie.

De même, si certaines personnes acceptent la représentation des parties intimes de l'être humain, elles ne peuvent accepter la représentation réaliste de l'acte sexuel - pour des raisons particulièrement variables, allant de la pudeur à l'association de l'acte sexuel à quelque chose (une fois de plus) d'honteux ou de bestial, qui tend à abaisser la dignité de l'homme. Mais pour d'autres, ce n'est pas l'acte qui est honteux, mais le fait de s'exhiber et de se livrer au désir d'autrui en niant ainsi sa propre dignité humaine (on s'abaisse à n'être qu'un moyen de satisfaction). Dans ces cas la pornographie est alors synonyme de vulgarité ou d'obscénité.

Histoire

Couple faisant l'amour. Peinture murale, à Pompeï

On trouve des représentations d'actes sexuels dans la majorité des sociétés humaines depuis la préhistoire. Mais les fonctions de ces représentations restent mal connues : ainsi, on associe fréquemment de telles représentations à des rites de fécondité (qui restent cependant hypothétiques).

Selon les sociétés, la représentation de la sexualité est soumise à des normes différentes qui sont fréquemment liées aux définitions que ces sociétés donnent de la sexualité : les célèbres sculptures érotiques des temples de Khajurâho en Inde, qui s'intègrent dans une architecture religieuse, n'avaient sans doute pas le même statut que les photos pornographiques vendues «sous le manteau» dans les cités occidentales au XIXe siècle. La définition même de la pornographie change par conséquent selon les sociétés, on trouvera dans certaines cathédrales médiévales des sculptures qui peuvent paraitre actuellement obscènes mais qui à l'époque visaient uniquement à dénoncer des pratiques néfastes ou diaboliques.

L'histoire de la pornographie est d'autre part étroitement liée aux techniques de représentation artistique, littéraire ou autre. Les romans du marquis de Sade s'inscrivent dans la tradition littéraire française du XVIIIe siècle dont ils forment un avatar extrême. Les gravures qui les accompagnent, aussi obscènes soient-elles, recourent par contre aux techniques graphiques de l'époque et sont particulièrement peu innovantes du point de vue formel.

Aujourd'hui, la pornographie est un enjeu de débat sociétal principalement à cause des moyens de reproduction technique (selon l'expression de Walter Benjamin) — photographie, cinéma, vidéo, Internet — qui donnent à ces images une audience presque universelle. Le réalisme de l'image photographique ou cinématographique a aussi modifié notre vision de la pornographie : tandis que toute représentation littéraire ou artistique était jusque-là frappée du sceau de l'imaginaire (l'écrivain a pu imaginer ce qu'il raconte, et le peintre reconstituer ce qu'il nous montre), la photographie, même si elle est mise en scène de façon artificielle et quelquefois même manipulée, nous montre quelque chose qui indubitablement a existé, a effectivement eu lieu (cf. les analyses de Roland Barthes sur la Chambre claire). Cette forme nouvelle de pornographie en tire incontestablement un pouvoir de fascination inédit qui explique la large diffusion de ces images mais également les débats qui les entourent : le sort des actrices pornographiques (nettement moins fréquemment des acteurs…) est au cœur des débats — sont-elles contraintes ? le font-elles seulement pour l'argent ? est-ce un métier comme un autre ? — alors que les modèles éventuels des célèbres estampes japonaises ou des sculptures érotiques hindoues suscitent moins l'interrogation.

Antiquité

À Rome, les représentations sexuelles sont réservées au sein des lupanars, pour faire patienter les clients.

En Chine, une riche littérature existe et de nombreux artefacts (peintures et sculptures) montrent une liberté de représentation de la sexualité.

En Inde aussi, la culture a produit de nombreuses représentations d'actes sexuels surtout hors des temples, car la culture valorisait la sexualité dans sa dimension «sacrée» (voir à ce sujet l'article sur le Tantra).

Moyen Âge et Renaissance

Certains voient dans François Rabelais un précurseur de la pornographie moderne. Son Pantagruel a d'ailleurs été condamné en 1533 comme ouvrage «obscène» par la Sorbonne. Mais cette condamnation portait probablement moins sur l'obscénité du livre que sur son esprit général (que on peut qualifier de carnavalesque), trop éloigné des enseignements de l'Église. L'œuvre de Rabelais témoigne en outre d'une mentalité pour laquelle la sexualité faisait toujours pleinement partie de la vie humaine et n'était pas reconnue comme un sujet «tabou», interdit à la représentation et au discours commun. À cette époque, une catégorie comme la «pornographique» était en fait inconnue, et l'accusation d'obscénité visait bien plus des comportements que des représentations (écrites ou graphiques).

Les guerres de religion qui déchirent peu après l'Europe et le mouvement de la Contre-Réforme qui va s'ensuivre modifient cependant profondément les mœurs de l'époque : d'une part, la dévalorisation de la «chair» dans ce contexte de religiosité exacerbée sera générale au XVIe siècle et au XVIIe siècle, alors que l'Église cherchera à contrôler les comportements les plus intimes de ses fidèles (par l'entremise de la confession surtout). Si les représentations pornographiques ne sont pas prioritairement visées, elles sont les victimes de ce climat général de «puritanisme» (au sens courant du terme) qui s'installe en Europe : c'est tandis qu'on repeint des feuilles de vigne sur les fresques de Michel-Ange au Vatican.

Époque classique

C'est à l'époque de la Réforme et de la Contre-Réforme qu'on situe la distinction occidentale entre ce qui serait «érotique» (le nu artistique, par exemple) et ce qui serait «pornographique», c'est-à-dire illicite et condamné à la clandestinité (même si ce ne sont pas les termes employés à l'époque classique). La contrainte exercée sur les mœurs fait par conséquent à ce moment de la pornographie un exercice de liberté et de subversion[7].

C'est le cas surtout en France avec la naissance d'une littérature libertine au XVIIIe siècle avec des auteurs aussi différents que Diderot (Les Bijoux indiscrets), Crébillon fils (Le sopha, Les Égarements du cœur et de l'esprit), Fougeret de Monbron (Margot la ravaudeuse), et bien d'autres auteurs actuellement oubliés[8]. Les œuvres du Marquis de Sade forment l'aboutissement extrême et singulier de cette littérature dont il donne une version spécifiquement noire et cruelle (le "sadisme" de l'auteur va jusqu'au meurtre d'hommes, de femmes et d'enfants). En Angleterre, Les Mémoires de Fanny Hill de John Cleland appartiennent à la même tradition "libertine".

XIXe siècle

Illustration du roman Gamiani attribué à Alfred de Musset

Le XIXe siècle bourgeois se définit par un climat de «puritanisme», dont la condamnation qui frappe en France en 1857 Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire est l'exemple le plus tristement célèbre. Ce siècle est spécifiquement répressif en matière de pornographie : la décence «bourgeoise» impose des limites particulièrement strictes à toute représentation sexuelle, et la moindre transgression suscite scandale, comme c'est le cas par exemple avec l'Olympia d'Édouard Manet ou encore Madame Bovary de Gustave Flaubert (même si l'écrivain réaliste, au contraire de Baudelaire, n'est pas condamné). Au début du XIXe siècle, la Bibliothèque Nationale de Paris forme d'ailleurs son célèbre «Enfer», qui rassemble les ouvrages offensant la «pudeur».

Malgré tout, se développe une pornographie plus ou moins clandestine, dont certaines productions sont actuellement célèbres (par exemple Gamiani ou deux nuits d'excès attribué de façon hypothétique à Alfred de Musset ou bien l'œuvre gravée de Félicien Rops).

XXe siècle

La littérature «pornographique» émerge néanmoins progressivement dans l'espace public à partir de la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, surtout après la Première Guerre mondiale dans le climat de liberté des années folles. Des auteurs comme Pierre Louÿs, Apollinaire (Les Onze Mille Verges), Henry Miller, Anaïs Nin, parmi d'autres, lui donnent ses lettres de noblesse.

D'autre part, avec la photographie puis le cinéma sont nées de nouvelles images pornographiques «prises sur le vif» et d'un réalisme inédit. Ces images circulent pendant de nombreuses années «sous le manteau» avant d'apparaître progressivement au grand jour. Les pays scandinaves sont les premiers à autoriser la diffusion de telles images, surtout sous couvert d'éducation sexuelle (Je suis curieuse de Vilgot Sjöman, Suède, 1967).

Dans les années 1970 uniquement, les films pornographiques sont autorisés dans les salles de cinéma en France et dans la majorité des pays occidentaux. Différentes restrictions sont cependant mises à cette diffusion, surtout une interdiction générale aux mineurs. En France surtout, une loi nouvelle rend la production plus complexe avec le classement X qui multiplie les contraintes de diffusion : tandis que certains films pornographiques (ou jugés comme tels) étaient diffusés sur les écrans des cinémas des «Grands Boulevards», cette nouvelle loi taxe fortement les cinémas connus pornographiques, qui deviennent un secteur «spécialisé» et marginalisé. On assiste ensuite à la disparition quasi-totale de ces salles dans les années 1990, conséquence, entre autres, de la naissance de la cassette vidéo.

Aujourd'hui, le développement d'Internet permet aux contenus pornographiques de se diffuser plus largementencore et modifie profondément la structure du marché en facilitant une consommation strictement privée de ces productions. Si le cloisonnement entre le monde de la «pornographie» (plus ou moins stigmatisée) et la sphère publique n'est pas complètement étanche, la barrière est bien présente et maintenue sous la pression de différents groupes sociaux plus ou moins actifs (énormément de féministes sont hostiles à la pornographie, mais également des associations familiales, des groupes religieux, des militants anti-capitalistes hostiles à «l'exploitation commerciale des corps», les raisons avancées par les uns ou les autres peuvent différer ou converger).

Dans ce contexte de "libération sexuelle", où la sexualité est devenue omniprésente dans différents médias, certains s'interrogent sur les effets sociologiques et psychologiques de cette survalorisation du sexe (ou sexualisation excessive). Le cinéma pornographique présente, hormis les caractéristiques et performances hors norme des acteurs, une sexualité qui se focalise sur la génitalité. Ainsi représentée, la pornographie véhicule de vieux mythes sur la sexualité (rôle actif de l'homme, focus sur l'orgasme coïtal de la femme, recherche de l'orgasme simultané du couple, etc.. ) [9].

Littérature
Icône de détail Article détaillé : Littérature pornographique.

Peinture

Icône de détail Article détaillé : Représentation artistique du nu.

Le célèbre tableau naturaliste L'Origine du monde a été peint par Gustave Courbet, à la demande d'un diplomate turc, en 1866, dans une période (Second Empire) où les mœurs étaient particulièrement austères et policées. Ce tableau, qui ne circula qu'au sein de collections privées, fut reconnu par les quelques intimes du peintre et du propriétaire de l'œuvre comme hautement pornographique ; il eut pu être interdit et provoquer les foudres de la censure s'il s'était trouvé sous l'ensemble des yeux. Il fut, à un moment, propriété du psychanalyste Jacques Lacan qui le dissimula dans un cadre à double fond. Lacan commanda à son beau frère, l'artiste André Masson, un nouveau masque; se sera le «Paysage anthropomorphe», paysage de collines et buissons qui reprend le tableau caché. [10] Depuis 1995, le tableau a rejoint la collection du Musée d'Orsay et est exposé parmi d'autres tableaux de Courbet, signe que la notion de «pornographie» est relative aux mœurs d'une époque.

Dans ses cahiers, Léonard de Vinci a laissé plusieurs dessins obscènes, l'un surtout de Salaï posant pour un ange tout en étant affublé d'une érection (angelo incarnato). Énormément de ces dessins, longtemps censurés, restent à découvrir. On a même, arguant cette parole mystérieuse du peintre : «Misérables mortels, ouvrez les yeux !», cru découvrir une pornographie cachée dans plusieurs de ses œuvres les plus célèbres (La Vierge aux rochers, etc. ) [11].

Télévision, cinéma et industrie audiovisuelle

«L'industrie de la pornographie contemporaine a pris son essor au début des années cinquante, avec la création de Playboy (1953)» (Richard Poulin).

Les études sur ce sujet restent assez rares aujourd'hui. En 2002, on estime que le chiffre d'affaires de l'industrie pornographique s'élevait à 50 milliards d'euros.

Les choix de l'industrie pornographique influencent quelquefois directement certains secteurs. Ainsi le succès du VHS de JVC comparé à son concurrent direct aux États-Unis, le Betamax, est en partie dû au choix de l'industrie pornographique de commercialiser des cassettes VHS et non Betamax[12]. Le phénomène ne s'est cependant pas reproduit avec le successeur du DVD, l'industrie pornographique ayant annoncé lors du CES 2007 à Las Vegas, sa prédilection[13], [14], [15] pour le format HD DVD et non pour le Blu-Ray, ce dernier remporta finalement la guerre des supports hautes définitions.

Stars du cinéma pornographique

Les magazines «historiques»

Les trois premiers sont des revues américaines actuellement historiques et peuvent être qualifiées d'érotiques (à l'exception de Hustler), comme Lui (on tend d'ailleurs à utiliser pour désigner ce type de produit l'expression magazine de charme) .

Le mensuel français Union traite de sexualité, avec des photos dans une optique de voyeurisme. Swing est la revue historique des pratiquants de l'échangisme.

Internet

L'arrivée d'Internet a fait exploser le marché de la pornographie. La diffusion de multimédia y est plus facile et touche un public plus large, banalisant en quelque sorte le commerce du sexe. Des sites peuvent être consacrés à des acteurs ou actrices de films pornographiques, ce qui sert à fidéliser une clientèle. L'Internet a vu aussi le développement de films réalisés par des amateurs.

Certains réseaux de spécifique à spécifique (P2P) sont accusés de faciliter la diffusion de contenu pornographique impliquant des mineurs. Une enquête du General Accounting Office a montré le lien entre réseaux d'échange de fichiers et la pornographie juvénile. Le vice-président directeur de Sharman Networks, propriétaire de Kazaa, Alan Morris, a nié cette accusation devant un comité sénatorial américain (septembre 2003).

De complexes problèmes se posent à propos de la diffusion de pornographie sur Internet :

  1. Quelle est la véritable part de la pornographie sur l'Internet ?
  2. Le cadre juridique de la diffusion de contenus pornographiques est-il adapté au support Internet ?
  3. Comment protéger les mineurs et les adultes fragiles de l'exposition à ces contenus ?

Quelques chiffres

L'évaluation chiffrée de la pornographie sur Internet s'effectue via des analyses ou des extrapolations qui, n'offrant pas de véritables sources fiables, sont fréquemment contestées et critiquées.

  • Les analystes spécialistes du commerce sur l'Internet estiment qu'un site pornographique peut gagner entre 10 000 et 15 000 dollars chaque jour. Certains des plus anciens sites ont des revenus de presque 2 millions de dollars par mois[16].
  • Les internautes ont dépensé près de 1 milliard de dollars pour accéder à des sites pornographiques en 1998.
  • En 1998, il y avait plus de 100 000 sites pornographiques commerciaux et 200 nouveaux sites apparaissaient quotidiennement[17].
  • Sur 57 millions d'Américains accédant à Internet, près de la moitié consultent des sites pornographiques pendant 1 à 10 heures par semaine[18].

Les détracteurs de ces études leur opposent qu'ils omettent le fait que énormément de sites pornographiques sont petits, ou n'arrivent pas à dégager de bénéfices, dans une concurrence trop pléthorique. Cette tendance est renforcée par l'échange gratuit de fichiers sur Internet comme pour les autres médias numériques.

Néanmoins, en 2006, des chercheurs de l'Université de Californie-Berkeley, pour le Departement of Justice américain, affirment que la pornographie n'occupe qu'environ 1.1% des pages Web indexés par google et MSN live search[19]. Le Ministère de la Justice américain déclara que 1% veut dire tout de même un nombre de pages élevé. [20]

Droit et pornographie

«La grande épidémie de pornographie» XIXe siècle)

La plupart d'États réglementent strictement la liberté de publication des œuvres pornographiques : âge minimum d'accès requis, limitation des lieux d'accès, limitation des choses représentables (par exemple, en France, un viol ne peut apparaître dans l'intrigue d'un film classé X, tandis qu'il peut s'il n'est pas classé X).

Certains pays pratiquent une répression sévère contre la pornographie. A titre d'exemple, en Chine, les peines encourues peuvent aller jusqu'à la réclusion à perpétuité[21].

La loi en France

Article 227-24 du Code pénal : «le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu'en soit le support un message à caractère violent ou pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine, soit de faire commerce d'un tel message, est puni de trois ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende (375 000 euros pour les personnes morales) quand ce message est susceptible d'être vu ou perçu par un mineur.»

Depuis 1994, l'outrage aux bonnes mœurs n'est constitué que si le message pornographique atteint les mineurs.

Vendeurs de presse et loueurs de vidéo doivent masquer les magazines et DVD érotiques ou pornographiques, mais aussi vérifier l'âge de leur clientèle. Les films pornographiques télévisés ne sont disponibles que sur des chaînes payantes. Les décodeurs sont pourvus d'un dispositif de verrouillage, nécessitant un code pour l'accès à ces programmes. Les fournisseurs d'accès internet proposent des logiciels de contrôle parental, permettant d'interdire l'accès aux sites contenant certains mots-clés.

Critiques de la pornographie

Tandis que jusque dans les années 1960, toute représentation d'actes sexuels était jugée «pornographique» et interdite dans la majorité des pays occidentaux, cette représentation s'est ensuite généralisée avec le mouvement de «libération des mœurs» (maîtrise par les femmes de leur fécondité par la contraception, légalisation de la contraception et de l'avortement, augmentation du nombre des divorces, revendications féministes portant surtout sur le «droit au plaisir», émergence de la minorité homosexuelle). Mais le développement de la pornographie suscite actuellement des réactions diverses, quelquefois extrêmement négatives.

Ces critiques d'origines diverses — féministes, mais également issues de différents mouvements de réaction morale — peuvent être synthétisées en trois grands points :

  1. Les critiques portent en premier lieu sur les conditions de réalisation des images pornographiques, qui impliqueraient une exploitation forcée des actrices contraintes par la violence ou par la misère à des pratiques sexuelles auxquelles elles répugneraient. L'abus est en tout cas manifeste et légalement condamnable quand il concerne des enfants : la lutte contre la pornographie enfantine a dû surtout devenir bien plus active avec le développement de l'Internet. À ces critiques majeures s'ajoute une critique secondaire (mais importante) concernant les risques de maladies sexuellement transmissibles encourus par les acteurs et actrices n'utilisant pas de préservatifs tout en incitant certains consommateurs à adopter des pratiques à risques.
  2. D'autres critiques portent sur les effets supposés de la pornographie sur les consommateurs : la pornographie par la multiplication des scènes de violence faite aux femmes, serait une incitation au viol. En outre, on constaterait que la pornographie développe chez certains consommateurs des phénomènes de dépendance les poussant à augmenter leur consommation de telles images. Chez les enfants et les adolescents, les effets du visionnage d'images pornographiques antérieur à toute expérience réelle de la sexualité sont aussi problématiques.
  3. Enfin, de fortes critiques portent sur les valeurs mêmes véhiculées par la pornographie qui réduirait les femmes à n'être que des «objets» et ramènerait les relations amoureuses à de simples rapports sexuels.

Exploitation des enfants

Icône de détail Article détaillé : Pornographie enfantine.

Industrie pornographique et SIDA

Des cas récents de VIH dans le milieu de l'industrie pornographique révèlent les conditions de travail des acteurs et actrices.

Cependant, on trouve des acteurs au sein de ce milieu qui se battent pour le port du préservatif comme Julia Channel, Ovidie ou encore Clara Morgane.

Incitation à la violence

D'après une étude américaine de 2000, 12 % des femmes violées interrogés ont déclaré avoir été contraintes par leurs violeurs à prendre des positions inspirées de films pornographiques[22].

Selon une étude américaine de 1998, 40, 9 % des femmes agressées qui ont été interrogé rapportent une consommation pornographique de leur agresseur : ces femmes ont été contraintes à visionner des scènes ou à poser pour des scènes à caractère pornographique. Mais l'étude conclut aussi que la pornographie n'est pas l'unique facteur déclenchant des agressions et que énormément de travail reste à faire pour comprendre son influence dans la violence contre les femmes[23].

D'après une étude du Centre-Femmes de Beauce à caractère non scientifique intitulée La pornographie n'est pas sans conséquences, 19 % des femmes disent avoir subi des pressions de leur conjoint en rapport avec la pornographie[24].

D'autres études montrent que les effets de la pornographie sont variables[25]. La pornographie servirait en effet à certains individus d'exutoire dans lequel des fantasmes et des pulsions seraient libérés ; ceci permettrait que ceux-ci ressurgissent de manière moins fréquente dans la vie réelle.

Dépendance pornographique

Icône de détail Article détaillé : Dépendance à la pornographie.

L'existence de la dépendance pornographique n'est pas reconnue officiellement par la psychiatrie ; ce n'est qu'une théorie proposée par certains.

Le «nihilisme» de la pornographie

Les détracteurs de la pornographie lui reprochent de nier la subjectivité humaine, de détruire les relations sentimentales à l'autre en en faisant l'instrument d'un plaisir insatiable. Ce caractère insatiable du désir mis en scène, dans la surenchère des signes de la jouissance (hurlements orgasmiques, frénésie des pulsions, multiplication presque sans limites des partenaires, réduction de l'être humain à l'unique pulsion sexuelle) marqueraient paradoxalement l'absence totale du désir : en effet, désirer, c'est désirer quelqu'un ; l'élimination de la dignité d'autrui, par des pratiques de domination, anéantit le corps en le transformant en «viande» à consommer, tandis que c'est cet être qu'on désirait[26].

Les détracteurs de la pornographie dénoncent une banalisation de la pornographie dans la société actuelle. Ils considèrent que cette banalisation est caractéristique de la passivité des consommateurs qui l'acceptent sans aucune conscience morale ; ils avancent quelquefois cette citation de Fedor Dostoïevski : «L'homme est une ordure, il s'habitue à tout.» (Crime et Châtiment).

Alexandre Soljénitsyne pensait que «on asservit bien mieux les peuples avec la pornographie qu'avec les miradors».

Certains s'opposent à ces arguments considérant que ces discours ne s'appuient sur aucune donnée fiable sur les consommateurs de pornographie. Mais aussi le note Virginie Despentes : «Les articles et ouvrages consacrés au genre sont extragénéralement nombreux. Les études sérieuses le sont moins, on se donne rarement la peine d'enquêter sur les réactions des hommes qui consomment du porno. On préfère imaginer ce qu'ils ont dans le crâne que poser directement la question.»[27].

Notes et références

  1. Définition du Petit Larousse 2006
  2. N. M. Malamuth, Mondial Encyclopedia of the Social & Behavioral Sciences, Pergamon, 2001 (ISBN 0080430767) , «Pornography - Defining Pornography», p.  11817
  3. Judith Roof, Encyclopedia of Sex and Gender, vol.  3 : J-P, The Gale Group, 2007 (ISBN 0-02-865963-5) , «Pornography», p.  1173
  4. (fr) Vincent Cocquebert, «Tiffany Hopkins : «J'arrête le X»», 30 avril 2007, Technikart. Consulté le 14 mars 2008
  5. Terme attesté chez Athénée, Deipnosophistes [détail des éditions] [lire en ligne] (XIII, 21). Aucun mot grec ancien ne sert à désigner l'activité même d'écrire sur la prostitution ou ce genre d'écrits.
  6. Gilles Lapouge, Encyclopædia Universalis, «Pornographie»
  7. cf. Michel Jeanneret, Éros rebelle. Seuil, 2003
  8. cf. Jean-Marie Goulemot, Ces livres qu'on ne lit que d'une main : lecture et lecteurs de livres pornographiques au XVIIIe siècle, Aix-en-Provence, Alinéa, 1991
  9. Gilles Trudel et Sylvie Aubin, La baisse du désir sexuel, Masson, 2003 (réimpr.  2003), 233 p. (ISBN 2294009991) , partie Variables cognitives dans la baisse du désir sexuel, chap.  1, p.  51-52
  10. http ://www. galeriebrimaud. com/fr/expo-erotique. htm (une petite animation du cache est visible sur cette page)
  11. L'œuvre pornographique de Léonard de Vinci, diaporamas, 2007
  12. Blu-Ray vs HD DVD : le porno fait gagner le HD DVD, Ratiatum, 12 janvier 2007
  13. L'industrie du porno se tourne vers le HD-DVD, Clubic, 15 janvier 2007
  14. L'industrie du porno opte finalement pour le HD-DVD ?, PC INpact, 12 janvier 2007
  15. L'industrie porno préfère le HD DVD, Branchez-vous, 12 janvier 2007
  16. Gazette de Montréal, 19 mars 1997
  17. Enough is Enough
  18. Étude de l'année 2000 aux États-Unis par la chaîne de télévision MSNBC
  19. http ://www. stat. berkeley. edu/∼stark/Preprints/filter07. pdf (PDF en anglais, les statistiques se trouvent page 15)
  20. http ://www. ecrans. fr/Pas-tant-de-sexe-sur-le-net. html
  21. Le roi du porno chinois sur le Net condamné à la prison à vie - Liberation. fr
  22. (fr) Bergen RK., Bogle KA., «Exploring the connection between pornography and sexual violence», 2000, Violence and victims. Consulté le 20 avril 2008
  23. (fr) E. Cramer, J. McFarlane, B. Parker, K. Sœken, C. Silva, S. Reel, «Violent pornography and abuse of women : theory to practice», 1998, Violence and victims. Consulté le 20 avril 2008
  24. (fr) Centre-Femmes de Beauce, «La pornographie n'est pas sans conséquences», 6 décembre 2003. Consulté le 20 avril 2008
  25. Milton Diamond et Ayako Uchiyama dans Pornography, Rape and Sex Crimes in Japan
  26. Michela Marzano, La Pornographie, ou l'épuisement du désir
  27. Virginie Despentes, King Kong Théorie, Grasset & Fasquelle, 2006, Broché, 158 p. (ISBN 978-2246686118) , p.  96

Voir aussi

Contre la pornographie
  • Richard Poulin, La mondialisation des industries du sexe. Prostitution, pornographie, traite des femmes et des enfants ; éd. canadienne, Ottawa, L'Interligne, 2004, (ISBN 2-921463-94-6)  ; éd. française, Imago, 2005, (ISBN 2-84952-013-6) .
  • Michela Marzano, La pornographie ou l'épuisement du désir, Éditions Buchet Chastel, novembre 2003. réédition en format de poche : Hachette Littératures, collection Pluriel
  • Laurent Guyenot, Le Livre noir de l'industrie rose. De la pornographie à la criminalité sexuelle, Imago, Paris 2000.
  • Guy Hénaut, L'École du viol : porno-addiction et crimes sexuels, Chambéry, éd. Exergue, 1997
  • Jean-Laurent Fernand, "La pornographie : un fléau social complice de l'exploitation de la prostitution", in Prostitution : problème mondial, une menace pour l'humanité, rapport du 29e congrès mondial, Stuttgart-Felbach, septembre 1997
  • Pauline Jeanne, "Pornographie et Prostitution", in Prostitution et société, mouvement du Nid, n°91, septembre 1991

Défense de la pornographie

  • Olivier Smolders, Éloge de la pornographie, Liège, Éditions Yellow Now (Collection "De parti pris"), 1993, (ISBN 2873400854) .
  • Nathalie Collard et Pascale Navarro, Interdit aux femmes : le féminisme et la censure de la pornographie, Boréal, 1996, 143 p. (ISBN 2890527557)

Neutres

  • Dominique Baqué, Mauvais genre (s), érotisme, pornographie, art contemporain, éditions du Regard, 2002, ISBN 2-84105-143-9
  • Linda Williams (dir. ), Porn Studies, Durham, Duke University Press, 2004, ISBN 0822333120

Témoignages

  • HPG, Autobiographie d'un hardeur. Entretiens avec Stéphane Bou et Karine Durance, Hachette, Paris, 2002
  • John B. Root, Porno Blues ou la belle et édifiante histoire d'un réalisateur de films, La Musardine, Paris, 1999

Liens externes

Recherche sur Amazone (livres) :



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