Marche des fiertés

La Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans, s'est en premier lieu nommée " Gay Pride ", puis la " Lesbian & Gay Pride ", puis " LGBT Pride " pour finalement s'appeler Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans.


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Événement LGBT - Marche

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Page(s) en rapport avec ce sujet :

  • La Marche des fiertés, s'est en premier lieu nommée Gay Pride, puis la Lesbian & Gay... Le terme Marche des Fiertés est apparu en France en 2001 après un litige... (source : insecula)
  • La marche des fiertés est -elle un événement français, européen, mondial?... Pourquoi la Gay Pride est devenu la marche des fiertés ?... (source : forums.nouvelobs)
  • ... Mais la gay pride bouleverse-t-elle réellement la qualité de l'air?.... Partager l'article La Marche des Fiertés est -elle éco-friendly?... (source : yagg)
Gay Pride à Grosseto en Italie (2004)
Défilé de la Marche des fiertés à Paris, juin 2005
Militantes Transgenres du PASTT à la Gay Pride à Paris, juin 2005
Banderole de tête de la Marche des fiertés à Paris, juin 2007
Marche des fiertés à Bordeaux, juillet 2008
Défilé de PASTT à la Gay Pride à Paris, juin 2005
Lâcher de ballons à la Place de la Bastille lors de la Marche des fiertés à Paris, en juin 2008
Yann Wehrling et Bertrand Delanoë, Gay Pride à Paris en France, juin 2005
Baiser d'un couple des gays à Londres Gay Pride le 2e juillet 2005
Couple des lesbiennes à Londres Gay Pride le 2e juillet 2005
Gay travesti à Bruxelles Gay Pride le 7 mai 2005
Des étudiants de l'Ecole Centrale de Lyon à la Gay Pride de Lyon

La Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans, s'est en premier lieu nommée "Gay Pride", puis la "Lesbian & Gay Pride", puis "LGBT Pride" (à chaque fois revendiquant les droits d'une communauté supplémentaire) pour finalement s'appeler Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans.

C'est une manifestation qui prône la liberté et l'égalité pour l'ensemble des orientations sexuelles et identités de genres (hétéro, lesbienne, gay, bi, trans). L'expression anglophone Gay Pride peut être traduite comme «Fierté gay». D'où le nom (après maints remaniements) de «Marche des fiertés» en France. Pour faire mentir l'adage qui prétend que pour vivre heureux il faut vivre caché, les participants des diverses Marches des fiertés affichent sans complexe leurs orientations sexuelles. Ces marches sont ouvertes aux gays, aux lesbiennes, aux bis, aux trans, ainsi qu'aux hétéros revendiquant la liberté sexuelle et l'égalité des droits entre les hétérosexuels et les autres communautés.

Dans la majorité des grandes villes du monde, cette manifestation se déroule l'ensemble des ans au cours du mois de mai ou de juin, pour rappeler les émeutes de Stonewall dans la Christopher Street à New York, le 28 juin 1969.

Origines : les émeutes de Stonewall

Article détaillé : Émeutes de Stonewall.

En juin 1969, un groupe de lesbiennes, gays et transsexuels se rebellèrent contre les forces de police venues faire une descente au Stonewall Inn, un bar gay de New York et une lutte entre forces anti-émeutes et homosexuels fit rage pendant plusieurs jours. Les émeutes de Stonewall sont depuis reconnues comme le début de la lutte pour l'égalité des droits entre homosexuels et hétérosexuels.

Brenda Howard, connue comme la «Mère de la Fierté», dirigeante de la première heure du Gay Liberation Front et de la Gay Activists Alliance coordonna la commémoration du premier mois anniversaire des émeutes, puis le premier anniversaire en organisant la Christopher Street Liberation Parade à New York le 28 juin 1970, alors que des marches anniversaires avaient aussi lieu à San Francisco et Los Angeles.

Organisation d'une marche

Progressivement, toujours sous l'impulsion de Brenda Howard, les marches se sont organisées et , quoique chaque pays ait ses spécificités, on retrouve dans la majorité des défilés une organisation identique.

En-tête de cortège se trouvent les "officiels" : des hommes politiques de la région (Bertrand Delanoë à Paris par exemple, ou Gérard Collomb à Lyon), les organisateurs de la marche, des associations partenaires etc. Aux États-Unis, la tradition veut que soit appelé dans chaque ville un "grand marshal" pour marcher en tête du défilé. En 2006, à New York, c'est le Français Florent Morellet, restaurateur, qui fut choisi pour son action dans la lutte contre le SIDA.

Derrière les officiels se trouve la majorité des manifestants, fréquemment réunis autour de "chars" (du moins dans les défilés qui plus est d'un millier de participants à peu près). Les chars sont des camions ou camionnettes sur lesquels sont montés des sound system diffusant toutes sortes de musique : quoique la musique électronique soit la plus présente, on trouve quelquefois aussi de la musette, des fanfares, etc. C'est dans cette foule colorée qu'on retrouve les images qui, pour certains, symbolisent les marches des fiertés, comme des drag queen, des travestis ou de jeunes hommes torses nus portant des drapeaux arc-en-ciel. Ces personnes, symbolisant surtout les débuts des marches et la lutte des travestis ou transsexuels au Stonewall Inn, ne sont néanmoins pas les seules à défiler : figurent aussi parmi les manifestants des associations (association de parents d'homosexuels, associations gays d'étudiants, association d'homosexuels dans les entreprises etc. ) et tout simplement de nombreux homosexuels venus défiler seuls ou entre amis. Généralement, la marche est d'autant plus festive que les homosexuels sont acceptés dans la ville où ils défilent.

Comme lors de toute manifestation, cette foule défile d'un point de départ vers une destination finale, en marchant, dansant, et scandant des slogans en rapport avec le mot d'ordre de la manifestation de l'année. Des minutes de silence sont fréquemment observées au cours du défilé, en mémoire des victimes de l'homophobie ou du SIDA. Pour garantir l'indépendance financière de l'organisation de la marche, un octroi est aussi quelquefois perçu au cours de la marche en un point déterminé du parcours par des personnes habilitées à le faire.

Enfin, en fin de parcours, un discours est lu par le responsable de l'organisation de la marche pour rappeler les revendications de la manifestation.

Gay Pride ou «Marche des fiertés»?

Deux expressions perdurent pour parler de ces défilés : Gay Pride et «Marche des fiertés». La seconde n'est cependant pas qu'une simple traduction de la première. Le terme Gay Pride est le plus utilisé depuis les années 1980 à travers le monde pour définir ces manifestations. Néanmoins, cette expression a vu son champ s'élargir, et définit aussi désormais la totalité des événements précédant les défilés (en particulier aux États-Unis et au Canada où une semaine entière est consacrée à la célébration de la «fierté homosexuelle»), la marche en elle-même étant nommée Gay Pride Parade.

Le terme «Marche des fiertés» est apparu en France en 2001 après un litige entre la nouvelle association organisant l'événement, l'Inter-LGBT, et la société auparavant responsable de l'organisation : la SOGIFED. Cette dernière avait en effet déposé le nom Lesbian & Gay Pride, et son utilisation risquait d'être sujet à conflit. Un nouveau nom fut par conséquent choisi pour la marche parisienne, «Marche des fiertés», et c'est sous ce nom que sont désormais nommés certains défilés français. Toujours en France, Nice préfère l'appellation Pink Parade, moins formelle, et se positionne ainsi en dehors des polémiques et des conflits et marque son indépendance.

Historique

Des débuts hésitants

En France, la première marchese déroule en mai 1971 tandis que les homosexuels s'invitent au respectant les traditions défilé des syndicats du 1er mai, malgré l'opposition de la CGT pour laquelle c'est une «tradition étrangère à la classe ouvrière» (Martel, p33). C'est cette même année qu'est créé le Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR), renommé en 1974 Groupe de Libération Homosexuelle (GLH). Jusqu'en 1978, les homosexuels participent chaque année à ce défilé.

Le 25 juin 1977 est organisée à Paris la première manifestation homosexuelle indépendante, de la place de la République à la place des Fêtes, à l'appel du Mouvement de libération des femmes (MLF) et du GLH. Il y a à nouveau des manifestations en 1979 et en 1980 à l'appel du Comité d'Urgence Anti-Répression Homosexuelle (CUARH), contre "les discriminations anti-homosexuelles", avec à chaque fois à peu près un millier de manifestants.

La première marche

C'est à partir du 4 avril 1981 qu'on considère qu'a eu lieu la première véritable marche : 10 000 personnes manifestent à l'appel du CUARH, et le candidat à l'élection présidentielle François Mitterrand s'engage, quelques jours après cette manifestation, à dépénaliser l'homosexualité en France, engagement qu'il honorera l'année suivante[1].

La chute de motivation des années 1980

Mais dès l'année suivante, la ferveur retombe et seuls 8 000 manifestants sont comptabilisés. S'enchaînent alors des manifestations principalement festives et commerciales, sans revendications politiques majeures. Chaque année, la mobilisation diminue, pour n'atteindre que quelques milliers de manifestants de 1986 à 1990. Une année fera exception quant à l'engagement politique : en 1987 en effet, Jean-Marie Le Pen qui vient d'avoir une position discriminatoire envers les séropositifs en proposant l'instauration de sidatorium est brocardé par la manifestation qui exceptionnellement dans ces années là arrive à trouver un mot d'ordre politique pertinent. Les menaces d'interdiction pesant sur la revue Gai Pied renforceront toujours la tournure politique de cette manifestation. C'est aussi un des premiers défilés dans lequel la lutte contre le SIDA joue un rôle : l'association Vaincre le SIDA y participe, et on peut y entendre des slogans comme «Nous avons été les premiers atteints et nous serons les premiers à mourir»[2].

Le renouveau des années 1990

En 1991, après une année 1990 qui n'avait vu que 1 500 manifestants défiler dans les rues de Paris, le collectif Gay Pride est constitué. Réuni autour d'associations, de commerces et de journaux, son objectif est de redynamiser la manifestation. 6 000 personnes sont alors comptabilisées place de la Bastille, puis 5 000 autres en 1992 tandis que la pluie est de la partie.

En 1993, la mobilisation atteint de nouveau le niveau de 1981.10 000 manifestants défilent contre le SIDA et pour le projet de contrat de Solidarité (le contrat d'union civile).

1994 voit l'arrivée des défilés dans de nouvelles villes : tandis qu'un rassemblement a lieu à Tours contre le maire de l'époque, Jean Royer, qualifié d'homophobe, Rennes et Marseille connaissent leur première marche. On parle alors de Lesbian & Gay Pride et plus seulement de Gay Pride. À Paris, Act-Up participe activement à la manifestation avec son slogan «silence=mort». C'est en effet l'année charnière de la Gay Pride de Paris. Comme il faut à la fois répondre aux attentes des anciens militants, dont énormément sont morts, et satisfaire la jeunesse qui s'attend en particulier à des festivités, un savant mélange doit être trouvé, ce que le collectif parvient bien à faire à partir de cette année-là.

1995 est clairement un tournant dans l'histoire de la Marche des fiertés : de nouvelles villes de France accueillent une marche (Toulouse, Nantes et Montpellier), la marche parisienne remporte un succès avec 80 000 manifestants et la couverture médiatique commence à être importante. Avec une lutte contre le SIDA plus forte que jamais, les homosexuels commencent à construire une véritable communauté, à l'image de ce qui peut se faire au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas depuis des années[3]. C'est en 1995 toujours qu'est fondé le collectif Interpride France, servant à coordonner les défilés des différentes villes de France.

En 1996, d'autres villes françaises organisent leur défilé. À Paris, 120 000 personnes défilent puis sont invitées à la soirée officielle ayant lieu à Bercy. Celle-ci est un désastre financier : l'association Lesbian and Gay Pride de Paris est déficitaire qui plus est d'un million de francs (environ 150 000 €). Il est alors décidé une séparation entre la marche, gérée par la société SOFIGED et les autres manifestations gérées par l'association lesbian and gay Pride de Paris.

En 1997, Paris accueille l'EuroPride : 250 000 personnes de l'Europe entière défilent jusqu'à la place de la Bastille.

Après une plus faible affluence en 1998 (120 000 manifestants), certainement liée au téléscopage avec la tenue de la Coupe du Monde de football, la marche de 1999 mobilise : on est alors en plein débat sur le Pacte Civil de Solidarité (PACS). Les finances de l'association Lesbian and Gay Pride de Paris sont néanmoins dans le rouge, comme les deux années précédentes. L'association est alors dissoute et c'est alors une entreprise, la SOGIFED, qui prend en charge l'intégralité de la manifestation. Elle dépose alors les noms de Gay Pride et Lesbian & Gay Pride.

Années 2000 : l'affluence continue

En 2001, une nouvelle association pour gérer le défilé parisien voit le jour : il s'agit de l'Inter-LGBT. Le nom Lesbian & Gay Pride étant désormais déposé, la marche s'intitule alors Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans.

De 2002 à 2006, les marches réunissent de plus en plus de monde. De nombreuses villes de province proposent des défilés et/ou des activités fin juin-début juillet, et le défilé parisien aurait atteint à peu près 700 000 personnes en 2006. Mais ces estimations issues des organisateurs sont contestées. En 2008, par exemple, l'AFP indique des «dizaines de milliers» de participants.

Villes de France participant aux Marches

Tandis que de nombreuses villes françaises accueillent désormais un défilé, ce n'est pas le cas de toutes : certaines n'en ont jamais accueilli et d'autres ont arrêté de le faire. D'autre part, la date du premier défilé dans chaque ville fluctue : de 1981 pour Paris à 2006 pour Tours… Voici l'ordre chronologique d'apparition (et quelquefois de disparition) des défilés dans les villes de France.

Dates en France pour 2008

  • Angers : 17 mai 2008
  • Tours : 24 mai 2008
  • Cæn : 31 mai 2008
  • Nantes : 31 mai 2008
  • Lille, Metz, Montpellier : 7 juin 2008
  • Lyon, Rennes, Strasbourg, Toulouse : 14 juin 2008
  • Biarritz, Rouen : 21 juin 2008
  • Paris : 28 juin 2008
  • Marseille, Bordeaux : 5 juillet 2008

Dates en France pour 2009

  • Angers : 16 mai 2009 (source : Quazar - centre LGBT d'Angers)
  • Nantes : 30 mai 2009 (source : Centre LGBT de Nantes)
  • Nancy : 6 juin 2009 (source : Couleurs Gaies Centre LGBT de Lorraine Nord)
  • Tours : 6 juin 2009 (source : Centre LGBT d'Orléans)
  • Rennes : 13 juin 2009 (source : CGLBT de Rennes)
  • Lyon : 20 juin 2009 (source : LGP Lyon)
  • Paris : 27 juin 2009 (source : inter-lgbt)
  • Bordeaux : 13 juin 2009

Associations chargées de l'organisation des marches

À travers la France, plusieurs associations s'occupent de l'organisation des différents défilés, coordonnées par une association-mère : la Coordination Interpride France.

Chaque ville possède par conséquent sa propre association. Voici la liste des associations ayant participé à l'organisation des marches en 2006 :

  • Angers : Quazar
  • Biarritz : Lesbian & Gay Pride Biarritz Impact
  • Bordeaux : Lesbian & Gay Pride de Bordeaux
  • Cæn : Les Enfants Terribles, Melting Pomme et bars gays et lesbiens de la ville
  • Lille : Lesbian & Gay Pride de Lille
  • Lyon : Lesbian & Gay Pride de Lyon
  • Marseille : Lesbian & Gay Pride de Marseille [1] [2]
  • Metz et Nancy : Collectif Marche des fiertés LGBT de Lorraine
  • Montpellier : Lesbian & Gay Pride de Montpellier
  • Nantes : Centre lesbien et gay Nantes Atlantique (CLGNA)
  • Paris : Inter-LGBT
  • Rennes : Centre GLBT Rennes [3]
  • Rouen : Collectif Comme ça !
  • Strasbourg : Festigays
  • Toulouse : Arc-en-ciel
  • Tours : Lesbian & Gay Pride région Centre

Les Marches à Paris

Colonne de Juillet au cours de la Marche des fiertés de Paris

De par l'importance historique de Paris en France, les marches organisées dans cette ville, nettement plus apportées que celles des autres villes françaises, occupent une place spécifique dans les médias et jouent par conséquent un rôle tout aussi spécifique. La connotation politique y est particulièrement présente et de nombreuses avancées ont eu lieu après ces manifestations (sans pour tout autant que la relation de cause à effet soit systématique).

Ainsi, suite à la marche de 1981, François Mitterrand dépénalisa l'homosexualité. Après la marche de 1998, le PACS est inscrit à l'ordre du jour du parlement ; 2000 voit l'adoption d'une loi contre les discriminations, incorporant la notion d'orientation sexuelle dans le code pénal ; au défilé de 2003 fait suite la première réception des associations LGBT par le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin ; 2004 est l'année de l'adoption du projet de loi sanctionnant les propos homophobes, sexistes et handiphobes et fondant la HALDE.


Marches parisiennes (chiffres contestés, non sourcés)
Année Affluence Mot d'ordre
selon les organisateurs selon la police
1981 10 000
1982 8 000
1983 à 1990 env. 3 000
1991 6 000
1992 5 000
1993 10 000
1994 30 000
1995 80 000
1996 120 000
1997 300 000 200 000 Gais et lesbiennes, pour une vraie citoyenneté européenne
1998 200 000 150 000 Nous nous aimons, nous voulons le pacs
1999 500 000 500 000 Contre l'homophobie et pour le pacs
2000 500 000 500 000 L'homophobie est un fléau social
2001 500 000 500 000 Hétéros, homos, tous ensemble contre les discriminations
2002 500 000 500 000 Égalité !
2003 500 000 500 000 Homophobie, lesbophobie, transphobie : agissons !
2004 700 000 500 000 Assez d'hypocrisie : l'égalité maintenant !
2005 700 000 550 000 Couples et parentalité : l'égalité maintenant !
2006 800 000 650 000 Pour l'égalité en 2007
2007 700 000 600 000 Égalité : ne transigeons pas !
2008 700 000 500 000[4] Pour une école sans aucune discrimination !

Dans le monde

L'objectif de cette section est de montrer les différents chemins qui ont amené certains pays à avoir des défilés, ce n'est en rien une liste exhaustive des villes organisant des marches des fiertés.

Des Marches des fiertés ont lieu actuellement dans le monde entier. Néanmoins, leur développement ne s'est pas fait de la même manière dans l'ensemble des lieux du globe.

Dans un premier temps, certains pays ont connu des défilés au moment où l'homosexualité était toujours un délit et reconnue comme une maladie mentale : c'est le cas des États-Unis et de l'Europe de l'Ouest par exemple. Dans ces cas-là, l'objectif des défilés était de faire entendre la voix d'une minorité qui se sentait oppressée, pour par exemple réclamer la dépénalisation de l'homosexualité. Une fois ces revendications obtenues, un deuxième mouvement consistant en la recherche d'égalité des droits entre hétérosexuels et homosexuels ainsi qu'à la lutte contre l'homophobie peut avoir lieu.

D'autres pays sont passés directement à la seconde phase du mouvement, la première phase étant impensable compte-tenu du régime peu ou pas démocratique dans lequel ils vivaient. Ainsi, les homosexuels d'Europe de l'est n'ont pu se mobiliser qu'après la chute du bloc soviétique et tandis que l'homosexualité était déjà dépénalisée.

La totalité des marches est coordonné par l'InterPride, une association créée en 1982 à Boston : on peut retrouver sur son site internet la totalité des dates des événements ayant lieu dans le monde.

États-Unis et Canada

Le mouvement des Gay Pride a commencé aux États-Unis : dès 1970, les gays de New York décident de commémorer le premier anniversaire de la révolte du Stonewall. À l'initiative du Gay Liberation Front dirigé par Craig Rodwell, le 28 juin 1970, 2000 gays remontent la 6e avenue entre Waverly Place (Greenwich Village) et Central Park. La manifestation porte alors le nom de "Christopher Street Liberation Parade" et son slogan officiel est "Come Out !". D'autres défilés ont aussi lieu à San Francisco et Los Angeles ou encore Toronto, Ottawa ou Montréal au Canada.

Dans les années 70, deux noms différents cohabitent aux États-Unis : à New York et Atlanta, on parle de "Gay Liberation Marches" tandis que les villes californiennes qualifient plutôt ces évènements de "Gay Freedom Marches". En 1978 apparaît pour la première fois à San Francisco le drapeau arc-en-ciel, nouveau symbole de la communauté homosexuelle.

Dans les années 80, des militants légèrement moins radicaux prennent le relais des premiers organisateurs : les noms des marches, reconnus comme étant légèrement trop revendicatifs, sont remplacés par la formulation plus neutre de "Gay Pride". Les défilés deviennent plus festifs et plus colorés. Au Canada, en 1981, on assiste à un évènement identique aux émeutes de Stonewall : le 5 février, 304 personnes sont arrêtées dans différents saunas Toronto, les noms des prévenus étant publiés dans la presse. Des manifestations ont alors lieu dans la ville, et le 28 juin, la première gay pride de la ville a lieu.

Puis, vers la fin des années 80, les "Gay Pride" commencent à être nommés "Lesbian & Gay Pride", ou alors "Lesbian, Gay, Bisexual and Transgender". Cette appellation politiquement correcte sera néanmoins rapidement abandonnée pour faire place au terme de "Pride Parade", plus percutant. Les défilés commencent à parler de SIDA. Des festivals gay et lesbien durant jusqu'à une semaine se créent et la parade, quoique conservant une importance spécifique, ne devient "que" le défilé de clôture de ces évènements.

Dans les années 90, l'égalité entre les couples homo et hétérosexuels sont les revendications principales de défilés particulièrement festifs. De nombreuses villes d'Amérique du Nord ont alors une parade et/ou un festival gay, fréquemment calquées sur le modèle américain (avec "grand marshal" en tête de cortège, participation d'hommes politiques au défilé…).

Enfin, en 2000, le Canada se distingue des États-Unis par une identiqueité complète entre homosexuels et hétérosexuels (mariage et adoption étant désormais autorisés). Les mots d'ordre sont alors bien plus des célébrations de l'amour homosexuel que de véritables revendications.

Amérique latine

Défilé sur l'Avenida Paulista à São Paulo en 2004

En Amérique Latine, la Marcha del Orgullo sait fréquemment allier l'esprit revendicatif à de grandes festivités : c'est pourquoi les chiffres des affluences sont quelquefois impressionnants.

Au Brésil, un défilé est organisé depuis 1997. La première année, on compta à peine 2 000 personnes. 10 ans plus tard, trois millions de personnes défilent lors de la Gay Pride de Sao Paulo, faisant de cette manifestation principale des Gay pride. Le mot d'ordre était "l'homophobie est un délit". Comme l'année précédente, il était demandé la légalisation de l'union civile des personnes du même sexe comme le Parti des travailleurs (PT) du président Lula l'avait envisagé.

D'autres défilés, d'une importance moindre, ont aussi lieu au Colombie, Mexique, Pérou, Argentine ou encore au Vénézuéla.

Europe de l'ouest

La première ville européenne à organiser un défilé homosexuel est Londres en Angleterre : après avoir organisé dès 1970 une manifestation, le Gay Liberation Front (GLF) nomme en 1972 à défiler entre Oxford Street et Hyde Park, appel suivi par près de 2 000 personnes. En 1973 est créé le Campaign for Homosexual Equality qui organisera l'ensemble des défilés dans la capitale britannique jusqu'au début des années 80, avec un succès assez mitigé. La première marche parisienne indépendante d'autres défilés aura elle lieu en 1977, tandis que les homosexuels participent depuis 1971 au défilé des syndicats le 1er mai. Les marches parisiennes et londoniennes connaîtront alors des destins croisés : en 1981, la marche parisienne voit défiler 10 000 personnes alors que la marche londonienne ne connait qu'un succès mitigé. A l'inverse, en 1988, 40 000 personnes défilent à Londres contre moins de 2 000 à Paris : on constate par conséquent que plus qu'une question de place de l'homosexualité dans la société, c'est en particulier l'organisation du défilé qui influe sur le nombre de participants.

Participants au CSD de Cologne (2006)

La Belgique suivra un parcours quasi-simultané à celui de la France, avec néanmoins une particularité nationale : l'unicité et la mobilité du «Samedi Rose». Le défilé ayant toujours lieu un samedi d'été, les Holebis (homosexuels, lesbiennes et bisexuel-e-s) belges décidèrent de déplacer le défilé chaque année entre Anvers, Gand et Bruxelles. Néanmoins, à partir de 1996, le défilé aura lieu chaque année à Bruxelles, et sera même débaptisé en 1998 au profit du nom de «Lesbian & Gay Pride».

En Suisse, le Christopher Street Day (CSD) de Zurich est célébré chaque année depuis 1994. De plus, une Lesbian & Gay Pride (devenue Swiss Pride, puis Pride) est organisée chaque année, généralement dans les cantons francophones. Partie de Genève en 1997, cette Pride itinérante organisée à l'initiative des associations LGBT locales s'est déroulée dans les principales ville de Suisse romande et quelques villes de Suisse alémanique, y compris des villes moyennes connues conservatrices, comme Sion en 2001[5] ou Lucerne en 2005, donnant lieu à des contre-manifestations de catholiques intégristes.

En Allemagne, le premier Christopher Street Day (CSD) fut célébré en 1979 à Brême et Berlin, quoique d'importants défilés homosexuels aient déja eu lieu auparavant (le premier ayant eu lieu le 29 avril 1972 à Munich). L'Allemagne est le pays européen accueillant le plus grand nombre de défilés, et le défilé à Cologne en 2006 fut principale Gay Pride européenne avec plus d'un million de participants.

Europe de l'est

Plus à l'est , l'homosexualité est durement réprimée durant le régime soviétique : déportation au goulag, disparitions, exécutions, etc. L'organisation d'un défilé d'homosexuels n'est alors évidemment pas envisageable. C'est pourquoi il n'y aura pas de marche des fiertés en Europe de l'Est avant 1990.

Le premier pays à organiser un événement gay est la Russie : en août 1991, l'Mondial Gay and Lesbian Human Rights Commission finance un festival de cinéma gai à Moscou[6]. La Hongrie organise un festival gay et lesbien depuis 1995 et la Croatie autorise des défilés depuis 2002.

Néanmoins, une grande majorité de l'Europe de l'est a connu un développement plus lent que ses voisins occidentaux. Au-delà d'une évolution des mentalités différente dans la population, c'est en particulier la classe politique qui critique ces défilés. Dans les années 2000, de nombreuses manifestations d'homosexuelles sont interdites, fréquemment sous des prétextes d'atteinte aux mœurs. Cependant, avec le soutien de nombreuses personnes de l'Europe de l'Ouest (politiques, associations et simples anonymes), les manifestants se font de plus en plus nombreux et de plus en plus déterminés. La Gay Pride joue alors le rôle de vecteur d'affirmation de soi, mais en particulier de visibilité vis-à-vis des autres.

En Serbie, la première parade ayant eu lieu en 2001 vit s'affronter des contre-manifestants extrémistes d'une part et les forces de police et les manifestants d'autre part, entraînant ensuite des interdictions systématiques aux demandes d'organisation de défilés homosexuels. En Roumanie, la Gay Pride est menacée d'annulation par la mairie de Bucarest en 2005 mais a finalement lieu grâce au soutien du président de l'époque Traian Basescu. En 2006, des groupes d'extrême droite viennent perturber le défilé, qui se tenait néenmoins sous haute surveillance. En Lettonie, les défilés de 2005 et de 2006 sont interdits par la mairie de Riga, le Premier ministre letton Aigars Kalvitis estimant que «le centre de Riga n'est pas le lieu où organiser une marche controversée par la société».

Mais l'exemple le plus probant est sans doute la Pologne, où le président et ancien maire de Varsovie Lech Kaczyński, après avoir longtemps interdit la tenue de la marche, est désavoué en 2006 par un défilé massif.

Pologne : Marche pour l´Égalité

Parada Równości en 2006

La Parada Równości (parade pour l'égalité) est une démonstration annuelle à Varsovie pour la tolérance et l'égalité des droits des gays et des lesbiennes.

En mai 2001 à peu près 300 personnes se rassemblent à la première parade pour l'égalité autour de la musique d'une voiture, défilant du Sigismundssäule au Kopernikus-Denkmal. Deux hommes politiques parrainent la manifestation : Piotr Ikonowicz, député socialiste, et Robert Biedron du parti de la gauche démocratique. L'année suivante, on comptait un millier de manifestants, puis 3000 en 2003.

En 2004 le maire de l'époque et actuel président de la Pologne, Lech Kaczyński, interdit la parade invoquant des problèmes de sécurité. Ainsi, seul un rassemblement de protestation de plusieurs centaines de personnes devant l'hôtel de ville à Varsovie a lieu. Dans le même temps, une manifestation dégénère à Cracovie, où un groupe de jeunes s'en prend aux 1 200 personnes venus défiler pour soutenir le festival "La culture pour la tolérance".

Contre-manifestation d'un groupe ultra-catholique

En 2005, Lech Kaczyński interdit de nouveau le défilé, déclarant qu'il est «pour la tolérance mais contre le prosélytisme de la culture gay»[7]. Il invoque cette fois-ci un problème de calendrier : la manifestation prévue le 11 juin aurait lieu le même jour que l'inauguration du monument en honneur à général de la Résistance polonaise. À peu près 3 000 personnes défilent néanmoins à travers le centre-ville de la capitale polonaise, avec le soutien de nombreux hommes politiques.

En 2006, la marche est cette fois autorisée : 7 000 personnes, dont à peu près 1 000 étrangers, défilent dans les rues de la capitale polonaise, surveillés par 2 000 policiers. Malgré ce franc succès, quelques incidents éclatent tout de même avec des manifestants d'extrême droite ou de groupes ultra-catholiques (14 personnes seront interpelées) et les commentaires d'une partie de la classe politique au pouvoir restent véhéments, le vice-Premier Ministre Roman Giertych déclarant même que «si les choses continuent comme ça, il faudra bientôt reconnaître des droits de l'être humain pour les chimpanzés et les gorilles»[8].

Russie

La Russie, néenmoins l'un des premiers pays de l'est à dépénaliser l'homosexualité en 1993, n'a jamais connu de Gay Pride. Le 27 mai 2006 devait se tenir la première marche homosexuelle, la Moskva Pride. Le maire de la capitale, Iouri Loujkov, s'oppose à ce défilé dont il estime ne pas pouvoir garantir la sécurité, de nombreuses attaques touchant la communauté homosexuelle ayant eu lieu les semaines précédentes. Le 26 mai, le tribunal de Moscou confirme l'interdiction de tout défilé le lendemain dans la ville.

Des manifestants bravent néanmoins cette interdiction et tentent d'organiser la première marche homosexuelle du pays. Le cortège, emmené par l'organisateur de la marche Nikolai Alekseev, comporte à peu près 50 manifestants, dont de nombreux homosexuels et hétérosexuels étrangers, surtout Merlin Holland, le petit-fils d'Oscar Wilde, et le député vert allemand Volker Beck. À leur arrivée sur la tombe du soldat inconnu qu'ils voulaient fleurir, le défilé se heurte à des militants d'extrême droite venus organiser une contre-manifestation. M. Holland recevra plusieurs coups, et M. Beck sera interpellé, le visage en sang[9]. Les réactions de la communauté mondiale seront timides : le défilé est fréquemment jugé comme étant peu accepté de la population (en effet, 77% de la population russe se dit hostile à la tenue de la marche[10] et le cadre légal de l'interdiction empêche toute contestation officielle) et sa tenue pouvant être perçue comme une provocation.

Le 27 mai 2007, des militants venus protester contre une nouvelle interdiction de tenue d'un défilé ont été violemment pris à parti par des extrêmistes nationalistes et ultra-orthodoxes, avant d'être arrêtés par les forces de l'ordre. Nikolaï Alexeïev, organisateur de la Gay Pride à Moscou, Peter Tatchell, vétérant de la lutte pour les droits des homosexuels, Volker Beck et énormément d'autres seront ainsi emmenés dans des cars de police[11].

Le 1er Juin 2008, une trentaine de militants toujours emmenés par Nikolai Alekseev tentent pour la troisième année d'organiser une gay pride dans la capitale Russe. Le défilé sera interdit par le Maire.

Le 16 Mai 2009, une soixantaine de militants toujours sous la houlette de Nikolai Alekseev tente d'organiser la première Slavic Gay Pride à Moscou. Cette année là, ils se sont unis avec des militants biélorusses. La manifestation qui devait se dérouler le jour de la finale du concours de la chanson Eurovision n'est toujours pas autorisée par la municipalité qui prend le risque de ternir l'image de la Russie en faisant arrêter 32 d'entre eux dont 15 biélrousses à quelques heures de l'événement.

Proche et moyen-orient

En Israël, la situation est contrastée : si les défilés à Tel-Aviv sont en général bien acceptés par la population, la situation est tout autre à Jérusalem où la répulsion fanatique des trois grandes religions monothéistes tend à limiter les manifestations (cf. World Pride).

En Turquie à Istanbul, l'association Lambdaistanbul organise des marches des fiertés depuis 2003, sans contre-manifestation. En 2007, à peu près 1000 personnes ont participées à la marche des fiertés d`İstanbul. D'autre part, des marches sont organisées à Ankara (par l'association Kaos GL) et Bursa (par Gökkuşağı GLBT) mais elles ne portent pas le nom de "marche des fiertés". En 2006, une marche transsexuelle avait été supprimée à Bursa.

Extrême-orient

Le premier défilé gay d'Asie a lieu à Tokyo au Japon en 1994, Osaka ayant quant à elle organisé sa première marche en 2006. En Corée du Sud, la première marche publique a eu lieu à Séoul en 2002. Ces deux pays connaissent une relation à l'homosexualité assez semblable : le mariage est une quasi-obligation sociale et la société particulièrement phallocratique empêche plus que tout l'expression d'un lesbianisme assumé. C'est sûrement pourquoi on retrouve fréquemment dans ces défilés plus de femmes que d'hommes [12].

En Chine, des défilés sont à l'heure actuelle inenvisageables . Néanmoins, l'île de Taïwan, revendiquée par la Chine mais dont l'administration se fait localement, organise une marche depuis 2003. Ce défilé se veut avant tout militant, dans un pays où il est particulièrement complexe de s'assumer : certains participants défilent d'ailleurs masqués pour ne pas être reconnus. Comme fréquemment au commencement des mouvements de libération gaie, énormément d'homosexuels sont inquiets de l'image de la communauté homosexuelle véhiculée par cette manifestation.

Enfin, une Gay Pride (appelée gay Festival) est aussi organisée à Bangkok en Thaïlande depuis 1999, généralement début novembre sur Silom et Suriwong : dans ce pays plutôt ouvert sur les questions d'homosexualité, la marche attire des étrangers de l'ensemble des pays d'Extrême-Orient. D'autres villes thaïlandaises telles que Phuket et Pattaya organisent aussi des festivals gays conclus par des défilés colorés. Il n'y a pas eu de marche à Bangkok en 2007 et 2008, les organisateurs n'ayant pas réussi à s'entendre.

Afrique

Le seul pays africain accueillant une Gay Pride est l'Afrique du Sud : un défilé a en effet lieu à Johannesburg depuis 1990 et un autre dans la ville du Cap depuis 2001. En 2006, on comptait à peu près 5 000 participants à la parade de Johannesburg.

Opposition politique

Deux motivations principales sont fréquemment données pour s'opposer à la tenue d'une marche des fiertés. Dans un premier temps, dans des pays où la population est hostile à ce genre de démonstration, l'argument de la sécurité des participants est fréquemment invoqué : en effet, les réactions des opposants aux Gay Pride sont fréquemment particulièrement violentes à l'encontre des homosexuels, et des systèmes lourds de sécurité sont généralement nécessaires lors des premiers défilés. Ainsi, à Zagreb en 2006, pour la cinquième édition du défilé, les 200 manifestants étaient escortés par tout autant de policiers[13]. C'est pour cette raison qu'a été annulée en 2006 la Gay Pride de Moscou par exemple.

L'autre raison fréquemment invoquée est le caractère «déplacé» de la marche, et sa possibilité d'heurter la sensibilité de la population. Ainsi, en 2004, le maire de Varsovie Lech Kaczynski interdit la tenue d'une Gay Pride dans sa ville déclarant ne pas vouloir «bouleverser les sentiments des Varsoviens».

Opposition religieuse

L'homosexualité est condamnée par les grandes religions monothéistes majoritaires. Christianisme, Islam et Judaïsme ont globalement sur le sujet une pensée commune : les pratiques homosexuelles sont un péché et l'homosexualité ne peut par conséquent pas être érigé comme principe de vie.

De cette position découle naturellement une opposition aux marches des fiertés qui au contraire revendiquent une fierté à être homosexuel. On a pu retrouver cette quasi-unanimité lors de l'organisation de la WorldPride de Jérusalem en 2006 : le grand rabbin ashkénaze d'Israël, le rabbin Yona Metzger nomma à «tout faire pour annuler la parade de l'abomination à Jérusalem», l'archevêque Antonio Franco déclara que «Tous les dirigeants des religions sont contre la parade à cause de la sainteté de la ville» et Cheikh Mansara affirma que «Dieu peut détruire Jérusalem comme il l'a fait à Sodome»[14].

Opposition au sein de la communauté homosexuelle

Plusieurs sentiments différents dominent au sein de la communauté homosexuelle en ce qui concerne une éventuelle opposition à la Gay Pride.

Dans un premier temps, les ressources financières de la marche se fondant principalement sur les dons par des spécifiques ou des entreprises, et les bars et les discothèques étant présentes dans le défilé, ce dernier est quelquefois vu comme étant trop commercial et éloigné des préoccupations des homosexuels. C'est principalement pour cette raison qu'a été désertée pendant plusieurs années la marche à Paris.

À l'inverse, certains homosexuels ne se sentent pas concernés par les revendications politiques et le mot d'ordre de la manifestation, considérant ne rien avoir à faire dans des défilés avec des gens avec qui ils pensent ne rien avoir en commun. De même, de nombreux homosexuels refusant le mariage et l'adoption (qu'ils voient comme une norme hétérosexuelle) ne voient pas l'intérêt de participer à ces défilés.

D'autre part, la Marche des Fiertés, avec ses festivités, son aspect carnavalesque et ses exagérations fait dire à certains homosexuels qu'elle «nuit au contenu du message et entretient les clichés», ou encore qu'elle «n'a aucune efficacité»[3].

Autres événements liés

EuroPride

Depuis 1991, l'EPOA (European Pride Organizer's Association, Association d'organisation de la Marches des Fiertés européenne) donne chaque année à une ville européenne l'organisation de l'EuroPride. Cette marche de fierté est alors organisée de façon à pouvoir atteindre une dimension mondiale en accueillant les homosexuels et leurs amis de toute l'Europe. Les villes qui ont organisé ou organiseront des EuroPride, sont :

Informations et calendriers complets sur le site de l'EPOA.

WorldPride

La WorldPride est un défilé ayant lieu l'ensemble des 5 ans dans une ville différente, et ayant pour objectif de rassembler les homosexuels du monde entier. La première WorldPride eu lieu en 2000 à Rome : 250 000 personnes y participèrent.

La seconde WorldPride était normalement prévue pour août 2005 à Jérusalem. Néanmoins, comme la retraite de colons juifs de la bande de Gaza avait lieu au même moment, il avait été choisi de la décaler à août 2006[15].

Un an plus tard, le conflit israélo-libanais compromettait toujours une fois la bonne tenue de l'événement : si les activités, réunions, groupes de discussions etc. ont pu se tenir, le nombre insuffisant de policiers disponibles n'a pas permis au défilé d'avoir lieu[16]. Il fut par conséquent reporté au 10 novembre 2006.

Au cours de la semaine précédant la marche, de nombreuses démonstrations de force de groupes ultra-conservateurs eurent lieu dans la ville, faisant plusieurs blessés[17]. Néanmoins, la mobilisation restait de rigueur et la police donnait son accord pour la bonne tenue de l'événement le 7 novembre. Mais le 9 novembre, le niveau d'alerte dans le pays est relevé après la menace du Hamas et du Fatah de renouveler les attentats suicides pour venger la mort de 18 civils palestiniens tués dans un bombardement la veille, à Beit Hanoun dans la bande de Gaza : le défilé est annulé une fois pour toutes et remplacé par un rassemblement dans le stade de l'université hébraïque de Jérusalem.

Bibliographie

  • CALTMAN D., Homosexual Oppression and Liberation, Avon Books, New York, 1973.
  • BRICKELL C., «Herœs and Invaders : Gay and Lesbian Pride Parades and the Public/Private Distinction in New Zealand Media Accounts», Gender, Place and Culture, vol 7, n°2, 2000, pp. 163-178.
  • CHAUNCEY G., «Après Stonewall, le déplacement de la frontière entre le “soi” public et le “soi” privé», Histoire & sociétés, n°3, 2002, pp. 45-59.
  • JAFFRE S., «De Stonewall à la Gay Pride. Retour sur un mythe politique devenu parade», Prochoix, n° 21, été 2002.
  • JOHNSTON L., «Borderline bodies at gay pride parades», Subjectivities, Knowledges and Feminist Geographies, Rowman and Littlefield, London, 2002.
  • JOHNSTON L., «Queering Tourism : Paradoxical Performances of Gay Pride Parades», Routledge, London and New York, 2005.
  • MASSIN S., «La gay-pride, manifestation post-moderne ?», Sociétés, no65, 1999, pp. 105-111.
  • REDOUTEY E., «Gay pride : marche revendicative et parade festive», Urbanisme, n°331, juillet-août 2003, pp. 71-74.

Notes et références

  1. En effet, l'homosexualité, sans être condamnable comme telle, était alors une circonstance aggravante dans de nombreuses conditions (attentat à la pudeur par exemple) et la majorité sexuelle était fixée à 21 ans pour les homosexuels contre 15 ans pour les hétérosexuels.
  2. Anne Chemin, «La marche des homosexuels dans Paris M. Le Pen sur les roses», dans Le Monde du 23 juin 1987 [lire en ligne]
  3. ab Jean-Michel Normand, «Les homosexuels veulent former une communauté reconnue», dans Le Monde du 24 juin 1995 [lire en ligne]
  4. Chiffres cités dans cet article du nouvelobs. com, consulté le 1er juillet 2008
  5. L'événement et ses préparatifs ont été filmés par le réalisateur Lionel Baier dans "La Parade (Notre histoire) ". Voir Cathy Macherel, "La Pride de Sion selon Lionel Baier", 360°, [lire en ligne]
  6. Didier Marie, "À l'Est : la Révolution Gay", sur Voltairenet. org, 1er mars 1993, [lire en ligne]
  7. «Polish Mayor Cancels Gay Pride», sur 365gay. com [lire en ligne]
  8. Adam Cioch, Emmanuelle Cosse, Emmanuel Fenouil, «Varsovie a accueilli la plus grande gay pride de l'histoire polonaise» dans Têtu 12 juin 2006 [lire en ligne]
  9. «Violences à Moscou autour d'une Gay Pride interdite», dans Le Monde, 27 mai 2006 [lire en ligne]
  10. «Trois quarts des Russes approuvent l'interdiction de la Gay Pride de Moscou», dans RIA Novosti, 9 juin 2006 [lire en ligne]
  11. «La police interpelle des homosexuels à Moscou», dans Le Monde, 27 mai 2007 [lire en ligne]
  12. Philippe Pons, «Gay Pride à Séoul», dans Le Monde du 12 juin 2006 [lire en ligne]
  13. Sylvain Zimmermann, «La gay pride de Zagreb réunit 200 manifestants sans incident», dans Têtu, 26 juin 2006 [lire en ligne]
  14. Eran Guterman, «À un mois de la World Pride, les trois religions font bloc contre la parade», dans Têtu, 5 juillet 2006 [lire en ligne]
  15. Judith Silberfeld, «La World Pride se tiendra du 6 au 12 août 2006», dans Têtu, 19 mai 2005, [lire en ligne]
  16. Eran Guterman, «À la veille de la World Pride, les jeunes homos du Meretz contre la guerre», dans Têtu, 4 août 2006 [lire en ligne]
  17. Eran Guterman, «Les manifestations des ultra-orthodoxes à Jérusalem de plus en plus violentes», dans Têtu, 3 novembre 2006 [lire en ligne]

Liens externes

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 06/08/2009.
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