Impuissance sexuelle

L'impuissance sexuelle ou dysfonction érectile consiste, soit dans l'impossibilité durable d'obtenir une érection valable, soit de ne pouvoir la maintenir si elle est obtenue avec une rigidité pénienne suffisante pour l'accomplissement de l'acte...



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Impuissance sexuelle
CIM-10 : N48.4

L'impuissance sexuelle ou dysfonction érectile consiste, soit dans l'impossibilité durable d'obtenir une érection valable, soit de ne pouvoir la maintenir si elle est obtenue avec une rigidité pénienne suffisante pour l'accomplissement de l'acte sexuel au moment précis de la pénétration vaginale. C'est un trouble qui peut concerner les hommes ou les femmes, mais pour les femmes, on parlera plutôt de frigidité.

Quand elle ne consiste que dans une absence de désir sexuel, on parler d'aphanisis.

Fréquence

Elle est complexe à déterminer en raison d'une sous estimation probable des cas déclarés et la définition donnée à l'impuissance (défaillance limitée dans le temps ou plus prolongée). Les différentes données ne sont par conséquent pas identiques. En France, un problème d'impuissance serait présent dans plus de 30% des hommes de plus de 40 ans[1]. Un même ordre de grandeur est retrouvé chez la population mâle américaine[2].

Causes

L'impuissance sexuelle, comme son nom l'indique, veut dire toujours une grande difficulté de nature psychologique qui reste au premier plan, sauf en cas de déficit en hormones testiculaires. Mais elle peut en particulier se distinguer en deux variétés, les cas mixtes étant rares :

De plus, ces deux sortes principales, se divisent en de nombreuses origines :

  1. 80 % des cas sont des blocages psychologiques, qu'on peut classifier en une douzaine de types à peu près, correspondant à des situations revenant toujours comme une copie conforme chez certains patients mais spécifiques comparé au passé sexuel et conjugal de chacun.
  2. 20 % uniquement des impuissances sont dues à de nombreuses maladies sévères, dont les plus connues sont le diabète (50% des hommes diabétiques de plus de 20 ans d'ancienneté dans la maladie sont impuissants), les maladies cardio-vasculaires, la paraplégie, l'hypertension artérielle, l'obstruction presque complète des artères génitales (par exemple chez les fumeurs), les méfaits de l'alcoolisme sur les nerfs de l'érection, les suites de certaines interventions qui obligent à couper artères et nerfs (prostatectomie radicale ou curiethérapie suite à cancer de la prostate), les défauts d'hormones, les troubles du sommeil profond etc. Mais, en fait, au moins 36 cas de figures véritablement médicales et organiques avec toujours, en plus, une chute du moral et l'impression d'une vie dégradée dans l'échec répétitif.

Diagnostic

Pour affirmer la nature d'une impuissance, on est quelquefois obligé d'avoir recours à l'enregistrement des érections nocturnes du sommeil paradoxal (présentes et excellentes en cas de blocage psychologique, médiocres ou nulles en cas de pathologies organiques). Mais cet examen, toujours essentiel en cas de difficultés de classement dans les deux grandes variétés, n'est plus utile, aujourd'hui, si mais uniquement si, l'impuissant de cause fonctionnelle est certain de la bonne qualité de ses érections diurnes ou nocturnes et déclare que c'est la survenue d'une nouvelle partenaire, dans sa vie sexuelle, qui a génèré le défaut récent et total.

Traitement

Les causes médicales sont le plus fréquemment sensibles, en particulier les obstructions artérielles incomplètes, aux nouveaux médicaments sauf à l'apomorphine qui n'perfectionne que les performances des hommes puissants. Le Viagra, le Cialis ou le Levitra qui sont à base d'inhibiteurs sélectifs de la phosphodiestérase, ont des résultats tangibles.

La stimulation sexuelle cause la libération de monoxyde d'azote qui est un des principaux médiateurs à l'origine d'une érection. Cette libération est située et démarre à partir des cellules endothéliales des corps caverneux d'une part et des neurones non adrénergiques et non cholinergiques d'autre part. Sous contrôle de récepteurs spécifiques, les récepteurs P2y, ainsi qu'à l'intérieur du muscle, ce monoxyde d'azote active la guanylate cyclase, ce qui a pour conséquence d'entraîner une transformation de la guanosine triphosphate en guanosine monophosphate cyclique (GMPc). L'accumulation de GMPc mène, entre autres, à une relaxation de la musculature lisse des artères péniennes et du tissu intra-caverneux, ainsi qu'à l'engorgement du pénis et , in fine, à l'érection. C'est de cette manière que la GMPc est en quelque sorte la clé de la thérapie médicamenteuse par les IPDE5 dans le traitement contre l'impuissance sexuelle, car ceux-ci «inhibent» la PDE5 qui est à l'origine de la dégradation de ce nucléotide cyclique jouant un rôle prépondérant dans le mécanisme de l'érection pénienne.

Les échecs de la nouvelle voie orale, soit par mauvais usage au mauvais moment, soit par décharge d'adrénaline plus puissante à contracter les artères que ce que les médicaments obtiennent en dilatation, sont habituels dans les blocages anciens et serrés. En ce cas, la situation n'est pas perdue si la personne veut bien apprendre, avec de minuscules seringues, à se piquer les corps caverneux. Là, les échecs ne sont pas de l'ordre de 50 % mais à peine de 3 %. Le professeur Isræl Levi avait déjà publié sur cette technique, mais c'est finalement le Dr Marc-Antoine Jacoud qui suite à tests cliniques à démontré l'intérêt de cette méthode.

Lorsque la voie orale a échoué, dans le traitement de seconde intention, il existe aussi la pompe à vide aussi nommée vacuum ou érecteur à dépression qui s'utilise en conjonction avec un anneau de constriction : le sang est en premier lieu aspiré dans le pénis grâce au vide d'air exercé dans un tube puis pour maintenir l'érection le sujet fait glisser un anneau de constriction (espèce de garrot) à la base de la verge pour maintenir son érection. Les résultats sont identiques à l'injection intra-caverneuse mais il offre plusieurs avantages, en termes de coût, de tolérance et d'acceptation[3].

Pour de nombreux patients, le recours à la microkinésie ou à l'acupuncture a permis de faire disparaitre les troubles érectiles.

Histoire du droit

Au Moyen Âge ainsi qu'à l'époque moderne, l'impuissance était une des rares raisons pouvant être invoquée pour obtenir la dissolution du mariage, avant tout sacrement religieux. La preuve de cette impuissance était bien entendu complexe à établir, et c'était au mari accusé d'impuissance d'apporter publiquement la preuve du contraire (érection, éjaculation devant témoins). Le plus délicat était l'épreuve du congrès (du latin congressus pouvant signifier "commerce charnel"), qui supposait l'accomplissement intégral du "devoir conjugal" en présence de témoins. Apparu sous une forme embryonnaire en Espagne au XVe siècle, le congrès est introduit en France dans des circonstances inconnues et s'y épanouit aux XVIe et XVIIe siècles. Quoiqu'on en trouve trace dans l'Italie du XVIIe siècle, il reste, aux yeux des contemporains, une spécificité française. Pour énormément de juristes il apparaît cependant non seulement comme scandaleux, mais en particulier comme n'apportant pas la preuve de l'impuissance totale et définitive d'un homme. Après bien d'autres scandales, l'affaire du congrès subi en 1659 par le marquis de Langey, aboutit à sa suppression. Le marquis de Langey, déclaré impuissant à la suite du résultat négatif de l'épreuve subie avec sa femme voit son mariage annulé avec interdiction de se remarier. Bravant l'opinion publique, il décide de vivre maritalement avec une jeune femme dont il a sept enfants en sept ans! En 1675, le marquis de Langey, ayant apporté la preuve indiscutable qu'il n'était totalement pas impuissant, obtient l'autorisation de se remarier légalement, sa première épouse étant décédée entre temps. Hostile de longue date à la procédure du congrès dont il pense qu'il ne forme nullement une preuve d'impuissance définitive, le procureur Chrétien François de Lamoignon, suite à ce scandale, obtient du parlement de Paris, par arrêt du 18 février 1677, la suppression définitive du congrès, à la satisfaction de la grande majorité des magistrats.

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

  1. Giuliano F, Chevret-Measson M, Tsatsaris A et Als, Prevalence of erectile dysfunction in France : results of an epidemiological survey of a representative sample of 1004 men, Eur Urol, 2002;42;382-9
  2. Laumann EO, Paik A, Rosen RC, Sexual dysfunction in the United States : prevalence and predictors, JAMA. 1999;281 :537-544
  3. Turner LA, Althof SE, Levine SB, Bodner DR, Kursh ED, Resnick MI (1992) Twelve-month comparison of two treatments for erectile dysfunction : self-injection versus external vacuum devices. Urology 39 :139-144

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