Identité sexuelle

En sociologie, l'identité sexuelle se réfère au genre par lequel une personne est socialement reconnue ; c'est-à-dire que certaines personnes parlent d'elles-mêmes comme étant un homme ou une femme ou se décrivent de façon moins conventionnelle,...


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Gender studies - Genre sexuel - Identité sexuelle masculine

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Définitions :

  • Sentiment profond d'individuation, de différenciation et d'appartenance à l'un ou à l'autre sexe qui s'élabore... (source : uqam)
  • (ou identité de genre) c'est le rôle sociale de genre auquel la personne s'identifie. Que ce soit homme, femme ou entre les deux. (source : tiresias-quebec)

En sociologie, l'identité sexuelle (ou identité de genre ou identité sexuée) se réfère au genre par lequel une personne est socialement reconnue ; c'est-à-dire que certaines personnes parlent d'elles-mêmes comme étant un homme ou une femme ou se décrivent de façon moins conventionnelle, mais ce terme peut aussi faire référence au genre que les autres personnes attribuent à quelqu'un sur la base de ce qu'ils connaissent des indicateurs sociaux de genre (vêtements, coiffure, démarche, etc. ).

Cette identité est conférée dès la naissance, ou alors jusque là du fait du recours à l'échographie. Mais l'identité conférée et l'identité ressentie peuvent quelquefois être différentes. De plus, il peut y avoir avoir absence d'identité ou double identité. On peut par conséquent être asexué, bisexué. L'identité de genre peut être aussi affectée par nombre de structures sociales, comme l'appartenance culturelle, le statut social, la situation professionnelle, l'éducation ou la famille.

Certaines cultures comme celle de Sparte antique encouragent la bisexualité. D'autres l'interdisent. L'identité est par conséquent aussi culturelle et est liée aux interdits sociétaux ou religieux. L'identité de genre est par conséquent profondément culturelle et éducative. elle permet l'intorisation des normes sociales liées au sexe. On ne nait pas femme, on le devient disait Flora Tristan. Même dans les sociétés, où on accorde un intérêt inavouable aux identités troubles comme les castrats, ou le chevalier d'Eon.

Les scientifiques se sont demandés dans quelle mesure l'éducation influençait l'identité de genre. Il est particulièrement complexe de faire des expériences objectives car, les enfants ne peuvent pas être utilisés comme des cobayes. Cependant dans les années trente, le docteur Raymond Choopy-Ney, psychiatre dans le Dakota du Nord a pu étudier deux cas, celui de la famille Smith dont la fille Kevina a été élevée comme un garçon et celui de la famille Wesson où le fils Omer avait été élevé comme une fille. Ces deux enfants ont souffert à l'adolescence de troubles névrotiques sérieux relatés dans deux articles de la société américaine des psychatrie (le cas K. en fevrier 1935 et le le cas O. en décembre 1938). Malheureusement Choopy-Ney est parti à la guerre en janvier 1942 et on a pas su ce qu'étaient devenus Kevina et Omer.

Identité sexuelle - sous la surface

La plupart des gens sont reconnus comme cisgenres («cisgendered» en anglais), leur identité sexuelle étant la même que leur sexe biologique (par exemple, un enfant né avec des organes sexuels féminins, élevé comme fille et qui se sent femme). Avant le XXe siècle, le sexe d'une personne était déterminé uniquement par l'apparence des organes sexuels visibles, mais depuis la découverte des chromosomes et des gènes, ceux-ci sont aussi utilisés. Les personnes dont le sexe a été défini comme féminin ont des organes sexuels féminins et deux chromosomes X ; ceux définis comme étant de sexe masculin ont des organes sexuels masculins ainsi qu'un chromosome X et un chromosome Y. Cependant, il y a des personnes qui ont des combinaisons de chromosomes, d'hormones et d'organes reproducteurs qui n'entrent pas dans les définitions respectant les traditions d'homme et de femme. Les appareils reproducteurs fluctuent d'une personne à une autre, certains individus ayant plus d'un type d'appareil reproducteur ; d'autres attributs physiques attribués au sexe d'une personne (forme du corps, pilosité faciale, voix grave ou aiguë, etc), peuvent ou non coïncider avec le genre attribué, homme ou femme, selon l'apparence des appareils reproducteurs. La recherche récente suggère qu'une personne sur cent peut avoir une caractéristique intersexuelle[1]. Les transgenres sont ceux dont l'identité sexuelle et/ou les organes reproducteurs et les chromosomes changent des définitions respectant les traditions. Les identités sexuelles, et plus particulièrement les aspects reconnus comme relevant du bon comportement ou de l'apparence correcte selon le genre, changent selon la culture. L'identité sexuelle de la majorité des gens s'écarte d'une manière ou d'une autre des rôles stéréotypés d'"homme" et "femme", et certaines en divergent davantage que d'autres.

Pour bien comprendre la différence entre le sexe biologique et l'identité sexuelle, les cas le plus simples à prendre sont ceux où l'appareil reproductif extérieur (pénis, clitoris... ) a été retiré. La libido et la capacité d'exprimer son désir sexuel sont changés, mais l'identité sexuelle peut rester la même. Un exemple est celui de David Reimer[2], dont le pénis fut détruit lors d'une circoncision mal faite peu après sa naissance. Un clitoris lui fut construit chirurgicalement, et il fut élevé comme fille, mais il insista toujours sur le fait que son identité sexuelle était celle d'un garçon. En d'autres cas, l'identité sexuelle d'une personne et/ou son apparence (androgyne, homme ou femme) peut contraster avec son sexe physique (les organes reproducteurs).

Le terme d'identité sexuelle va par conséquent au-delà du seul sexe biologique déterminé par les organes sexuels extérieurs.

Il existe quatre types d'anomalies ou ambiguïtés sexuelles : les physiologiques, les chromosomiques (nombre de chromosomes différent de deux), celles reliées particulièrement aux gènes et les hormonales. Plusieurs d'entre elles ne sont pas découvertes à l'apparition. Certaines le sont uniquement à la puberté quand les caractères sexuels secondaires changent de ce à quoi on s'attendait. D'autres n'apparaissent que quand une personne désire procréer et se rend compte qu'elle est stérile. D'autres toujours ne se révèlent que quand une personne est atteinte d'une maladie grave et que des examens poussés le lui confirment[3].

Création de l'identité sexuelle

La création de l'identité sexuelle est un processus complexe qui débute avec la conception et implique non seulement le développement du fœtus dans l'utérus mais également des expériences de vie. Les langues et les traditions de la majorité des cultures catégorisent l'ensemble des individus comme homme ou femme, mais pour certaines, il existe d'autres catégories, tels que les berdaches Nord-Amérindiens, ni femmes ni hommes.

Lorsque l'identité sexuelle d'un individu est masculine, mais que ses organes génitaux sont féminins (ou vice-versa), l'individu peut vivre une dysphorie de genre, une grande insatisfaction causée par son expérience de vie comme homme ou femme sans les organes génitaux de son identité sexuelle.

Des recherches indiquent que l'identité sexuelle est établie dans la petite enfance et reste stable ensuite. Ces recherches ont le plus souvent été menées en demandant aux transsexuels à quel âge ils se sont rendu compte que leur identité sexuelle n'était pas celle que leur imposait la société. Ces études estiment que l'âge de formation de l'identité sexuelle se situe autour de deux ou trois ans.

Des critiques ont été adressées à ces recherches, les déclarant biaisées par l'absence de questionnement sur l'âge de découverte de l'identité sexuelle chez les personnes non transsexuelles. L'accès à une thérapie par hormones de substitution et la chirurgie de réaffectation sexuelle est le plus souvent contrôlée par les médecins. L'une des questions que posent certains pour distinguer entre les «vrais» transsexuels et les autres est l'âge de la première identification au sexe opposé. Les chercheurs pourraient par conséquent avoir involontairement exclus certaines personnes de leurs recherches en essayant de déterminer l'âge de la formation de l'identité sexuelle. Les transsexuels ont pu se sentir obligés de donner la «bonne» réponse dans l'espoir d'obtenir la thérapie par hormones de substitution. Patrick Califia, auteur de plusieurs ouvrages sur la sexualité[4], indique que les transsexuels savaient quelles réponses donner lors des questionnaires médicaux afin d'avoir droit à la thérapie et/ou la chirurgie :

«Aucun des spécialistes en sexualité ne semble réaliser qu'ils sont eux-mêmes responsables de cette situation où des personnes transsexuelles doivent décrire un ensemble prédéfini de symptômes et réciter une histoire qui a été élaborée en termes clairement prescrits pour obtenir des médecins l'autorisation d'accéder à ce qui devrait être leur droit inaliénable.»

Problèmes - identité sexuelle et genre

Certains croient que leur identité sexuelle ne correspond pas à leur genre biologique, dont les transgenres, les transsexuels et énormément d'intersexués. Les complications s'ensuivent lorsque la société insiste à les faire adopter une expression sexuelle (homme ou femme) basé sur leur genre biologique, contraire à leur identité sexuelle.

Les intersexués sont ceux dont le sexe chromosomal n'a pas été exprimé dans les organes génitaux, de par des problèmes hormonaux ou autres au cours de la gestation du fœtus. Ils peuvent par conséquent être casés avec un genre dont ils ne se sentent pas faire partie. Les causes du transgendérisme sont moins claires ; elles ont été le sujet largement de conjectures, mais aucune théorie psychologique n'a été prouvée s'appliquer à même une minorité de transgenres, et les théories se basant sur une différence sexuelle dans le cerveau sont assez neuves et complexes à prouver car requérant une analyse destructive des structures internes du cerveau.

Il est envisageable de réaffecter chirurgicalement le genre depuis quelques décades. Une personne souffrant de la dysphorie de genre peut par conséquent demander ce genre d'intervention médicale pour que ses organes génitaux s'accordent avec son identité sexuelle. Certaines personnes atteintes de la dysphorie de genre peuvent cependant vouloir garder leurs organes génitaux d'origine mais adopter un rôle qui correspond à leur identité sexuelle.

Relation avec le genre social

Le terme de "genre social" a deux définitions qui peuvent diverger selon l'individu. Le genre social regroupe l'ensemble des manières dont les gens expriment leur identité sexuelle, mais peut aussi se définir comme le genre d'activités que la société juge acceptable pour les personnes selon leurs organes génitaux.

Il y a certainement tout autant de nuances et de complexités d'identité sexuelle et de genre qu'il y a d'humains sur Terre. Les sociétés, par contre, tendent à assigner certains rôles aux individus reconnus "mâles" et d'autres aux individus reconnus "femelles", selon leur manière de déterminer le genre. Dans certaines cultures, il existe d'autres genres sociaux, par exemple les mâles chirurgicalement castrés, les eunuques (voir aussi hijra). Le lien entre l'identité sexuelle et le genre social peut être flou. La sursimplification d'origine est celle où les gens sont totalement hommes ou totalement femmes, et qu'ils doivent tous se comporter de manière "naturellement" masculine ou féminine (hétéronormalité). Des recherches faites dans les domaines de la biologie et de la sociologie ont fortement soutenu le point de vue : "le sexe entre les oreilles est plus important que le sexe entre les jambes", qui implique que les personnes adoptent le genre social de leur identité sexuelle et s'expriment comme homme ou femme ou autre selon leur identité sexuelle. Il peut être particulièrement complexe de déterminer, par exemple, si une drag queen surtout est une personne à identité sexuelle féminine qui apprend le genre social féminin ou si c'est une personne avec une identité sexuelle masculine qui aime imiter le genre social féminin pour amuser les autres ou pour se moquer des personnes plus strictes de sa culture ou encore pour toute autre raison. Certaines personnes, dont RuPaul, réfusent d'être catégorisées.

Il y a plusieurs personnes particulièrement connues pour leur cross-dressing ou leur aspect androgyne : Brett Anderson, Gladys Bentley, David Bowie, Pete Burns, Eddie Izzard, Boy George, Norman Iceberg, k. d. lang, Annie Lennox, Jaye Davidson, Marilyn Manson, Marlene Dietrich, Mylène Farmer, Gackt, Grace Jones, Patrick Wolf, Marc Bolan, Brian Molko, Pat, Phranc, Prince, Susan Powter, Kate Bornstein, et Kristen McMenamy.

Origine du concept

Les psychologues ont commencé à étudier le développement de l'identité sexuelle des enfants pendant les années 1950 et 1960, en partie pour comprendre les origines de l'homosexualité (à l'époque toujours pensée comme un trouble psychique). Le Gender Identity Research Project fut fondé en 1958 à l'Université de Californie à Los Angeles pour étudier les intersexués et les transsexuels. Le psychanaliste Robert Stoller parle largement des résultats de leurs analyses dans son ouvrage Sex and Gender : On the Development of Masculinity and Femininity[5]. On lui attribue aussi l'introduction du terme gender identity (identité sexuelle en anglais) lors du Congrès Psychoanalytique Mondial de 1963. Le psychœndocrinologiste John Money joua aussi un rôle important dans le développement des premières théories concernant l'identité sexuelle. Son travail à la clinique de l'identité sexuelle à l'Université Johns-Hopkins (établie en 1965) développa et fit connaìtre la théorie interactioniste de l'identité sexuelle, qui suggère que l'identité sexuelle reste fluide et sujette à négociation constante jusqu'à un certain âge. Son ouvrage Man and Woman, Boy and Girl[6], fut particulièrement utilisé dans les universités[7].

Identités sexuelles non-occidentales

Voir aussi : Berdache et Troisième genre

Fa'afafine

Dans certaines cultures polynésiennes, les fa'afafine sont un troisième genre au même niveau que les hommes et les femmes. Ils sont biologiquement mâles mais se comportent de manière reconnue comme typiquement féminine. Selon Tamasailau Sua'ali'i, les fa'afafine de Samoa sont physiologiquement incapables de reproduction. Les fa'afafine sont acceptés comme un genre naturel, et ne sont ni discriminés ni méprisés[8].

Hijra

Dans la culture du sous-continent indien, un hijra n'est reconnu ni homme ni femme. La majorité sont biologiquement hommes ou intersexués, mais certains sont biologiquement femmes.

Liens externes

Notes

  1. (en) Melanie Blackless, Anthony Charuvastra, Amanda Derryck, Anne Fausto-Sterling, Karl Lauzanne, et Ellen Lee. février 2000. How Sexually Dimorphic Are We? Review and Synthesis. American Journal of Human Biology 12 (2)  : 151-166. DOI :10.1002/ (SICI) 1520-6300 (200003/04) 12 :2%3C151 : :AID-AJHB1%3E3.0. CO;2-F. PMID 11534012.
  2. (en) John Colapinto, As Nature Made Him : The Boy Who Was Raised as a Girl, Harper Collins, 2000, ISBN 0002000474
  3. (en) Paul-Edmond Lalancette, La indispensable compréhension entre les sexes, pages 79 à 87, Québec, 2008
  4. Dont (en) Sex Changes : The Politics of Transgenderism, Cleis Press, 2003, ISBN 1573441805 et (en) Public Sex : The Culture of Radical Sex, Cleis Press, 2000, ISBN 1573440965
  5. Robert Stoller, (en) Sex and Gender : On the Development of Masculinity and Femininity, Science House, 1968 ; republié en 1994 par Taylor & Francis Group, ISBN 0946439036
  6. (en) John Money, Man & Woman, Boy & Girl : Gender Identity from Conception to Maturity publié par Jason Aronson, 1996, ISBN 1568218125
  7. (en) Donna Haraway, Simians, Cyborgs, and Women : The Reinvention of Nature, 1991, Londres : Free Association Books, 133. ISBN 0-415-90386-6
  8. (en) Tamasailau Sua'ali'i, Samoans and Gender : Some Reflections on Male, Female and Fa'afafine Gender Identities, dans : Tangata O Te Moana Nui : The Evolving Identities of Pacific Peoples in Aotearoa/New Zealand, Palmerston North (NZ)  : Dunmore Press, 2001, ISBN 0-86469-369-9

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d'une traduction de l'article en anglais intitulé «Gender identity».

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