Hijra

Hijra sert à désigner dans la culture indienne un individu biologiquement homme qui a décidé volontairement de se faire émasculer particulièrement tôt à l'adolescence.


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Genre sexuel - Inde - Identité sexuelle masculine

Hijra à Goa en Inde.

Hijra (?????? en devanāgarī) sert à désigner dans la culture indienne un individu biologiquement homme (et plus rarement femme) qui a décidé volontairement de se faire émasculer particulièrement tôt à l'adolescence.

Le terme hijra sert à désigner aussi la caste ou communauté comprenant les hijras.

Aucun recensement fiable n'existe sur le nombre d'hijras en Inde, mais on estime qu'ils sont à peu près un million.

Histoire

Les hijras existent depuis plusieurs siècles. Sous l'empire britannique, les hijras étaient désignés comme eunuques ce qui est faux eut égard au fait que les hijras ne se considèrent ni comme des hommes ni comme des femmes, mais comme des individus asexués.

Place dans la société

Les hijras sont reconnus en Inde avec respect et méfiance. Respect, car leur castration est particulièrement symbolique par le fait que l'individu mâle est celui par qui la famille est perpétuée et leur castration leur confère un pouvoir de fertilité pour les hindous. C'est pour cette raison qu'ils assistent, contre rémunération, à des mariages et ainsi assurent que le couple soit fertile. La méfiance vient du fait qu'ils sont aussi capables de jeter le "mauvais œil". Ainsi, quelquefois lorsqu'il s sont en colère, ils frappent leurs mains fortement pour effrayer la population car le claquement des mains rappellent le claquement des corps durant un rapport sexuel.

Depuis la colonisation de l'Inde par le Royaume-Uni, la vision des hijras a changé et une partie de la population les méprise pour des raisons homophobes. Ce changement de vision par la société pousse certains à s'identifier comme femme et non comme asexué. Certains, démunis de tout, sont obligés de se prostituer et/ou de demander l'aumône en échange de leur bénédiction.

Fête

Une grande fête réunit chaque année les hijras de l'Inde. Elle se déroule à la pleine lune, fin avril, dans le village de Koovagam, à 200 km au sud de Madras. Ils viennent revivre un épisode du Mahabharata. La légende veut qu'à la veille d'une bataille, le clan des Pandavas ait consulté un astrologue. Ce dernier leur avait prédit la victoire à condition qu'ils sacrifient un homme parfait.

Il n'y en avait que trois : le dieu Krishna, Arjuna, le chef des Pandavas, et son fils Aravan. Les deux premiers étant indispensables, Aravan accepta de se sacrifier, mais exigea de pouvoir en premier lieu se marier. Aucune candidate ne s'étant proposée pour une si brève union, le dieu Krishna prit une forme féminine pour satisfaire le vœu d'Aravan qui fut décapité le lendemain matin, assurant ainsi la victoire de son camp.

Les eunuques s'identifient à la forme féminine de Krishna et viennent chaque année commémorer cet épisode par un mariage symbolique dans le petit temple décrépit de Koovagam, dédié au dieu local Koothandavar, reconnu comme une incarnation d'Aravan.

La fête dure deux jours ; elle débute par le mariage célébré par un prêtre Hindou qui noue autour du cou des Hijras, parées de leurs plus beaux atours, le cordon nuptial appele "Thali". Les mariées vont ensuite déposer une offrande aux pieds de la divinité avant de se livrer à des danses ainsi qu'à des chants pendant toute la soirée sous l'œil des visiteurs venus fréquemment en famille. Le lendemain matin, les hijras reconnues comme veuves reviennent pleurer leurs maris.

Communauté

Les hijras forment des communautés particulièrement structurées, les chelas (disciples) autour de guru. Une parenté fictive s'y organise. La dépendance financière paraît être la clé de voûte de l'organisation du groupe. Tout est payé, les chelas qui rapportent le plus (par leur habileté de musiciens ou de danseurs, la mendicité ou la prostitution) sont acquiss et revendus de guru en guru. Le chela peut avoir à reverser la totalité de ses revenus au guru et la circulation de dettes accumulées, et sans cesse grandissantes, prend quelquefois des proportions phénoménales. Enfin, lorsqu'il se marie avec un homme, il partage sa vie et continue à travailler pour sa communauté, où son mariage perfectionne son statut.

Bibliographie

Photographie

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"Smiling hijra"

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