Gouine

Gouine est une injure lesbophobe, qui a été reprise sans connotation négative par les lesbiennes. Son équivalent en anglais serait le mot dyke.


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Gouine est une injure lesbophobe, qui a été reprise sans connotation négative par les lesbiennes. Son équivalent en anglais serait le mot dyke.

De la prostituée…

Le mot apparaît entre 1625 et 1655 ("gouyne") dans le sens de "femme de mauvaise vie", sur le mot normand "gouain", salaud, lui-même de l'hébreu "goyim" (non Juif) [1].

Selon Alfred Delvaux[2], ce mot d'argot dériverait de l'anglais "queen", pour désigner les prostituées, "reines de l'immoralité" au XIXe siècle.

Il est rapproché de goule dans l'idée de femme dévoreuse, et de gouge pour désigner les femmes "de mauvaise vie".

… à l'homosexuelle

Étant donné que on pensait tandis que l'homosexualité féminime se trouvait en particulier chez les prostituées[3], les lesbiennes sont rapprochées des prostituées et le terme se spécialise dès 1867. Il est alors précédé par gougnotte, avec lequel Pierre Louÿs intitule certains de ses poèmes, et concurrence aussi gousse, du verbe "gousser", manger[4].

Le terme gouine sert alors à attaquer l'honneur et la réputation des femmes homosexuelles. Il est en premier lieu employé par lesbophobie, pour humilier, blesser et dévaloriser une ou des personnes. Les injures sexistes lui sont cependant fréquemment préférées. Le terme gouine est actuellement un terme du langage argotique désignant les femmes homosexuelles. Il peut aussi être assimilé au terme "pédé" désignant les homosexuels masculins dans la manière dont il est utilisé.

En Amérique du Nord, le Congrès du travail du Canada a publié les définitions de termes dits LGBT. La définition qu'ils donnent du mot gouine synonyme pour eux des termes anglais Dyke et francisés "Dykette" est la suivante : «Terme péjoratif utilisé jusque là pour désigner les lesbiennes, réapproprié depuis comme identité positive par bon nombre de lesbiennes.»

Ainsi d'une utilisation originellement péjorative, le mot gouine actuellement tend à être utilisé d'une manière atténuée dans le langage familier même s'il reste péjoratif. Cette atténuation du sens péjoratif est identique au terme enfoiré qui a perdu son sens particulièrement péjoratif.

Réappropriation

C'est à partir du début des années 1970 que les lesbiennes se réapproprient le terme, surtout les Gouines rouges (pour lesbiennes communistes) du FHAR. La reprise du mot infâmant sert à revendiquer a contrario la fierté de son identité.

Il entre aussi dans des jeux de mots comme "gode save the gouine".

Quelquefois, le mot est accolé au terme homophobe "pédé" en pédégouine ou transpédégouine pour désigner la communauté LGBT par ses propres représentants, de manière décomplexée et sans but homophobe[5].

Un dérivé, goudou, existe, ressenti comme moins péjoratif et plus amical[6], ou alors tendre. Monique Wittig et Sande Zeig inventent pour ce dernier mot l'origine «la célèbre chanson "le goût doux que j'ai de vous"»[7] Il est fréquemment repris dans la communauté lesbienne (pour des noms de sites sur internet, par exemple).

Références

  1. Selon le Trésor de la Langue française informatisé.
  2. Dictionnaire érotique moderne, Bruxelles, Jules Gay, 1864.
  3. Laure Murat, La Loi du genre, une histoire culturelle du'troisième sexe', Fayard, 2006.
  4. Nicole Albert, Saphisme et décadence dans Paris fin-de-siècle, La Martinière, 2005.
  5. Cf. le roman de Claude Kételærs, Le Cri des pédégouines au printemps, Lille, GKC, 2000.
  6. Cf. le roman d'Alexis Clairmont, En attendant Goudou, éditions H&O.
  7. Monique Wittig et Sande Zeig, Brouillon pour un dictionnaire des amantes, Grasset, 1976.

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