Bisexualité

Bisexualité sert à désigner l'attirance sexuelle ou/et sentimentale pour des personnes des deux sexes, soit simultanément soit alternativement.



Catégories :

Bisexualité - Attirance sexuelle - Pratique sexuelle

Définitions :

  • La bisexualité est la capacité d'être émotionnellement et/ou sexuellement attiré (e) par les personnes des deux sexes. Une personne bisexuelle n'est pas obligatoirement attirée par les deux sexes à part identique, mais le degré d'attirance peut fluctuer avec le temps. (Source : Bi Unité Montréal) (source : quelsexe)

Bisexualité (mot constitué sur le modèle de homosexualité et hétérosexualité) sert à désigner l'attirance sexuelle ou/et sentimentale pour des personnes des deux sexes, soit simultanément soit alternativement.

En biologie

Au départ, le terme s'appliquait à la biologie ; puis il a pris le sens d'une prédisposition bio-psychologique à la fois féminine et masculine propre à tout être humain. Cette prédisposition n'augure en rien des conduites sexuelles à proprement parler. Il ne faut pas la confondre avec l'androgynie, c'est-à-dire un être humain dont l'apparence ne permet pas de décider à quel sexe il appartient. Lorsque une personne est physiquement porteuse des deux sexes, on parle plutôt d'hermaphrodite.

En psychanalyse

On peut distinguer la bisexualité comme comportement de la "bisexualité psychique" théorisée surtout par Wilhelm Fliess et Freud qui serait le fondement psychique inconscient de tout être humain. Selon Freud dans "Trois essais sur la théorie sexuelle. Les bisexuel (le) s peuvent avoir des relations simultanées avec les partenaires de n'importe quel sexe, pratiquer la monogamie en série avec des partenaires de l'un ou l'autre sexe, avoir des relations avec des partenaires d'un seul sexe ou pratiquer la chasteté. La bisexualité se réfère aux désirs et au concept de soi, pas obligatoirement au comportement.

Orientation sexuelle ou comportement

Dans son sens actuel il sert à désigner les conduites et l'attirance sexuelle et/ou sentimentale pour des personnes des deux sexes, soit simultanément soit alternativement.

La bisexualité agie est une orientation sexuelle caractérisée par l'amour romantique et/ou le désir sexuel pour les membres des deux sexes, en complément avec l'homosexualité, l'hétérosexualité, l'asexualité et la pansexualité.

La prédominance de la bisexualité au sens large

Quelques études, surtout le Comportement sexuel du mâle humain (1948) et le Comportement sexuel de la femelle humaine (1953) d'Alfred Kinsey tendent à prouver qu'une large majorité n'a pas une orientation sexuelle aussi tranchée qu'il y parait. Les cas de strictes hétérosexualité ou de strictes homosexualité seraient assez rares (entre 5-10% selon Kinsey) et les cas de réelle non-prédilection (la bisexualité "pure") plus rares toujours (inférieur à 1%). L'identification à un comportement ou une orientation sexuelle relèverait purement du domaine social selon les études de Kinsey.

Échelle de Kinsey

Niveau Description
0 Exclusivement hétérosexuel (le)
1 Prédominance hétérosexuelle à tendance, fantasmes du même sexe
2 Prédominance hétérosexuelle, expérience homosexuelle
3 Prédominance hétérosexuelle, dans certains cas homosexuel (le)
4 Bisexuel sans prédilection
5 Prédominance homosexuelle, dans certains cas hétérosexuel (le)
6 Prédominance homosexuelle, expérience hétérosexuelle
7 Prédominance homosexuelle à tendance, fantasmes du sexe opposé
8 Exclusivement homosexuel (le)

La bisexualité dans l'Histoire

La bisexualité a une histoire universelle, selon la majorité des sources historiques et littéraires. Les gens dans la majorité des sociétés connues ont montré des degrés variables de bisexualité et ce sans que ce comportement ait été jugé anormal. La majorité des relations bisexuelles étaient attachées soit à une période de la vie (comme pour le shudo dans le Japon pré-moderne), soit à un troisième genre (comme pour les Deux-Esprits nord-amérindiens ou les bacchás d'Asie centrale). Les comportements hétérosexuels et homosexuels masculins, quoiqu'également présents, semblent former des exceptions partout, sauf dans les sociétés influencées par les religions abrahamiques (judaïsme, islam et certaines églises du christianisme), où les comportements bisexuels et homosexuels sont fortement réprimés et l'hétérosexualité encouragée. L'essentiel de ce qu'on nomme homosexualité dans les cultures anciennes est en fait une forme de bisexualité.

L'histoire de la bisexualité agie féminine est plus complexe à établir, étant donné que les sociétés les mieux connues étaient le plus souvent patriarcales, pour lesquelles les sources dont on dispose émanent essentiellement d'hommes.

Dans la Grèce antique, il semble que les hommes avaient successivement des comportements homosexuels, bisexuels puis surtout hétérosexuels. L'homosexualité était associée à l'adolescence, suivie par une phase de bisexualité caractérisée par des relations pédérastes, suite à quoi l'homme adulte se mariait, enfantait et adoptait un comportement essentiellement hétérosexuel. La Rome antique, la Chine et le Japon connaissent aussi des modèles de comportement identiques. Le cas le plus célèbre est sans nul doute celui d'Alexandre le Grand qui a eu énormément de femmes, mais entretenait aussi des relations avec au moins deux hommes, dont son ami proche Héphæstion. Mais les comportements bisexuels étaient aussi courants chez les empereurs romains et chinois, ou encore chez les shogun japonais.

Les termes d'hétérosexualité, bisexualité, d'homosexualité et le plus souvent d'orientation sexuelle correspondent à des constructions sociologiques modernes qui ne sont pas nécessairement adaptées dans ces contextes historiques. Dans la majorité des sociétés anciennes, les comportements ont pu être reconnus comme homosexuels sans qu'on ait pour tout autant utilisé de tels termes.

Grèce antique

Pour les Grecs, "celui qui aime la beauté humaine sera favorablement et équitablement disposé envers les deux sexes, au lieu de supposer que les hommes et les femmes différent sous le rapport de l'amour comme sous celui du vêtement" (Plutarque).

Rome

Les Romains sont bisexuels sans état d'âme. Leur règle de comportement moral et social, particulièrement contraignante, suppose qu'un homme libre doit être "actif", c'est-à-dire être celui qui pénètre : la passivité chez un citoyen libre est infamante, fait perdre tout honneur à celui qui s'est fait pénétrer.

En conséquence, on ne peut pénétrer, en dehors de sa femme, aucune femme libre, célibataire ou mariée, et aucun homme libre : si deux hommes libres ont des rapports, le passif est sévèrement puni (en théorie). Si un adulte a des rapports avec un jeune citoyen non pubère, il sera puni (et là, l'indulgence est rare). Restent à la libre disposition des maîtres l'ensemble des esclaves et tous ceux qui ne sont pas Romains, hommes et femmes, enfants, adolescents ou adultes… Ce que résume le philosophe Sénèque : "la passivité sexuelle chez un homme libre est un crime, chez un esclave, une obligation, chez l'affranchi, un service".

Ainsi Cicéron, qui a dirigé un moment la République, a une femme (et un fils), mais lui préfère les charmes de son jeune esclave-secrétaire favori.

La bisexualité dans la culture occidentale

Les gays et lesbiennes ont quelquefois adopté l'étiquette «bisexuel (le)» de manière à garder le privilège de l'hétérosexualité. En découle l'idée reçue que tous ceux qui s'identifient comme bisexuel (le) s sont en réalité des gays ou lesbiennes ayant peur de l'admettre. Cette idée fausse explique cependant un des adages de la culture gay : «Bi désormais, gay plus tard».

Énormément de bisexuels ne se sentent de véritable place ni dans la communauté gay ni dans le monde hétérosexuel. Parce qu'ils ont tendance à rester invisibles au public (vivant sans attirer de l'attention des sociétés homosexuelles et hétérosexuelles), quelques bisexuel (le) s ont constitué leurs propres communautés et leurs propres mouvements.

«Biphobie» est un néologisme caractérisant une personne pensant que la bisexualité n'existe pas, c'est-à-dire croyant qu'on ne peut être qu'hétérosexuel ou homosexuel, ou possédant des clichés défavorables sur la bisexualité, comme par exemple le fait qu'être bisexuel rendrait infidèle ou instable.

Le drapeau de la fierté bisexuelle

Le drapeau de la fierté bisexuelle

Pour plus de visibilité et pour créer un symbole pour le rassemblement de la communauté bisexuelle, Michæl Page a créé le drapeau de la fierté bisexuelle.

Le drapeau bisexuel a une raie rose en haut pour l'homosexualité, une raie bleue en bas pour l'hétérosexualité et violette au milieu pour représenter la bisexualité, le violet étant la combinaison du rouge et du bleu. Cette dernière est plus petite que les autres, figurant ainsi la non-visibilité des bisexuel (le) s dans la société.

Cinéma : filmographie chronologique
  • 1971 Un dimanche comme les autres de John Schlesinger.
  • 1975 La Meilleure Façon de marcher de Claude Miller.
  • 1979 La Confusion des sentiments d'Étienne Périer avec Michel Piccoli et Pierre Malet.
  • 1983 Les Prédateurs de Tony Scott.
  • 1988 Adieu, je t'aime de Claude Bernard-Aubert.
  • 1990 Henry and June de Philip Kaufman.
  • 1992 Les Nuits fauves de Cyril Collard.
  • 1993 Deux garçons, une fille, trois possibilités d'Andrew Fleming.
  • 1996 Crash de David Cronenberg.
  • 1997 In extremis d'Étienne Faure.
  • 1997 Nettoyage à sec d'Anne Fontaine.
  • 1997 Nowhere de Gregg Araki.
  • 1998 Velvet Goldmine de Todd Haynes.
  • 2000 La Confusion des genres de Ilan Duran Cohen.
  • 2000 Barnie et ses petites contrariétés de Bruno Chiche.
  • 2002 Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc avec Charlotte Rampling, Jacques Dutronc, Carole Bouquet.
  • 2002 Frida de Julie Taymor.
  • 2003 Alexandre d'Oliver Stone.
  • 2004 Éros thérapie, comédie de Danièle Dubroux avec Isabelle Carré, Catherine Frot, Melvil Poupaud, François Berléand, Julie Depardieu, Claire Nebout.
  • 2004 Grande École, comédie dramatique de Robert Salis.
  • 2005 Both de Lisset Barcellos. Prix du meilleur long métrage de fiction du 28ème festival mondial du film de femmes de Créteil, 2006.
  • 2005 C. R. A. Z. Y. de Jean-Marc Vallée.
  • 2005 Le Secret de Brokeback Mountain, comédie dramatique de Ang Lee.
  • 2005 Rent, comédie musicale de Chris Colombus.
  • 2006 I Don't Want to Sleep Alone de Tsai Ming-liang.
  • 2006 La Tourneuse de pages de Denis Dercourt avec Catherine Frot.
  • 2006 L'Homme de sa vie de Zabou Breitman avec Bernard Campan et Charles Berling.
  • 2006 Shortbus, comédie dramatique de John Cameron Mitchell.
  • 2007 Les Chansons d'amour de Christophe Honoré.
  • 2007 Les Témoins d'André Téchiné.
  • 2007 Queen size bed de Emilio Martinez Lazaro.
  • 2007 Puccini et moi de Maria Maggenti.

Théâtre

  • Jupe obligatoire, comédie de Nathalie Vierne, 2007. [1]

Littérature

  • Michel Canesi et Jamil Rahmani, Le syndrome de Lazare, éditions du Rocher, 2006.
  • John Flaherty-Cox, Paul, éditions Blanche, 2004.
  • Julie Hilden, 3, Actes Sud, 2004.

BD et Manga

  • Indigo blue. Dessin et scénario : Ebine Yamaji.
  • Djinn. Scénario : Jean Dufaux et dessins : Ana Miralles.

Bibliographie
  • Coll. (Jean-Bertrand Pontalis)  ; Robert Stoller ; Pierre Fédida ; Wilhelm Fliess ; André Green, Joyce McDougall ; Masud R Khan, Bisexualité et différence des sexes, Éditeur : Gallimard Collection : FOLIO ESSAIS N°359 Date de Parution : 01/03/2000 poche (ISBN 2070411869)
  • Coll. (D. Hall et M. Pramaggiore, dir. ), Representing Bisexuality, Subjects and Cultures of Fluid Desire, New York, New York University Press, 1996.
  • Coll. (BI Academic Intervention), The Bisexual Imaginary : Representation, Identity and Desire, Londres et Washington, Cassel, 1997.
  • Coll. (Jonathan Alexander, dir. ), Bisexuality and Transgenderism : Intersexions of the Others, New York, Harrington Park Press, 2004.
  • Steven Angelides, A History of Bisexuality, Chicago, University of Chicago Press, 2001.
  • Claude Aron, La bisexualité et l'ordre de la nature, Odile Jacob, 1996.
  • Eva Cantarella, Selon la nature, l'usage et la loi : La Bisexualité dans le monde antique, La Découverte, 1991.
  • Christian David, Bisexualité psychique, Payot-poche, 1992 (ISBN 2228883999)
  • Marie Delcourt, Hermaphrodite : mythes et rites de la bisexualité dans l'antiquité, PUF 1958.
  • Catherine Deschamps, Le Miroir bisexuel, une socio-anthropologie de l'invisible, Balland Modernes, 2002.
  • Pierre Des Esseintes, Osez... la bisexualité, Édition La Musardine 2006.
  • Jean-Luc Hennig, Bi, Gallimard, 1996.
  • Rommel Mendes-Leité, Bisexualité, le dernier tabou, Calman-lévy, 1996.
  • Charlotte Wolff, Bisexualité, Stock, 1977.
  • Samuel Demers, Polyvalente Hyacinthe Delorme, 2007.

Documentaires télévisuels

  • La bisexualité : Tout un art ? - réalisé par Laure Michel et Eric Wastiaux - diffusé sur ARTE le jeudi 18 décembre 2008 à 22 heures 25.


Liens externes

Notes et références

  1. Représentations au Petit Gymnase, Paris, du 18/09/2007 au 31/12/2007.

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 06/08/2009.
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