Anulingus
L'anulingus, ou anilinctus, est une activité sexuelle consistant en l'excitation buccale de l'anus ou du périnée. Cette pratique est aussi désignée par l'expression «feuille de rose».
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Pratique sexuelle
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L'anulingus, ou anilinctus, est une activité sexuelle consistant en l'excitation buccale de l'anus ou du périnée. Cette pratique est aussi désignée par l'expression «feuille de rose».
Histoire
S'il est probable qu'elle ait existé de tout temps, tout en restant peu fréquente, cette pratique a en particulier trouvé un écho important dans la pornographie à partir des années 1990. Elle semble importée des milieux homosexuels qui la pratiquaient de manière plus fréquente semble-t-il que les milieux hétérosexuels dès l'explosion du mouvement dans les années 1970. L'acteur et producteur Rocco Siffredi serait le premier à avoir popularisé cette technique dans le milieu, en la pratiquant de manière active à une époque où elle était toujours confidentielle.
Un exemple de pratique de l'anulingus particulièrement médiatisé est l'affaire Monica Lewinsky. [1]
Pratiques
Chez les deux sexes, l'anus contient des nerfs ayant un caractère et une sensibilité identiques à ceux du pénis ou du clitoris. Ainsi, l'anulingus est indépendant du sexe ou de l'orientation sexuelle de ses pratiquants. Il peut être qualifié d'actif pour la personne utilisant sa bouche, et de passif pour la personne sur laquelle il est pratiqué, impliquant son anus.
Variantes
- l'anulingus perforant : cette technique consiste en l'attaque frontale du sphincter anal par la langue rigidifiée et pointée en avant, quelquefois avec une humidification et une lubrification préalables de la zone péri-anale.
- l'anulingus percutant : c'est une version détournée du précédent. La technique est la même à ceci près que la langue ne doit pas être longiforme, mais au contraire occuper un volume maximal, surtout sur la zone de contact. On parle aussi de bélier lingual.
- l'anulingus glissant : cette technique consiste en un va-et-vient de la muqueuse buccale sur le périnée.
- l'auto-anulingus est une pratique quelquefois évoquée mais non attestée; sa réalisation exigerait une plus grande souplesse que l'auto-fellation.
Utilisation comme lubrification
L'anulingus peut aussi être pratiqué comme une préparation à la sodomie. En effet la salive possède des propriétés lubrifiantes. Cependant, cette pratique ne forme pas une lubrification cohérente avec l'usage du préservatif, l'anulingus présentant en lui-même des risques de transmission pour certaines MST.
Rapport aux excréments
L'apparence d'excréments sur la partie externe de l'anus est le plus souvent vécue comme un facteur de répulsion, mais dans le cadre d'un désir scatologique, elle peut former un facteur d'excitation.
En outre, une hygiène spécifique existe, surtout dans les milieux homosexuels.
Risques
Cette pratique sexuelle comporte des risques de transmission de maladies sexuellement transmissibles : virus (dont en particulier hépatite, herpès), parasites intestinaux, bactéries.
Le risque de transmission des hépatites est spécifiquement élevé pour l'Hépatite A, fort heureusement nettement moins dangereuse que les autres car réversible et peu grave pour un adulte sans fragilité spécifique. Le risque de transmission des hépatites B et C (et potentiellement d'autres) est inférieur car celles-ci se transmettent par le sang; la contamination nécessite par conséquent une fragilité spécifique des muqueuses et une mise en continuité des compartiments sanguins de chaque personne. Ce risque n'est cependant pas exclu. Hors blessure et saignement, cette pratique comporte peu de risques de transmission du VIH.
Prévention
Outre une toilette minutieuse à l'eau et au savon, seule la digue dentaire sert à prévenir les risques de transmissions des MST.
- Digue dentaire
- l'utilisation d'une barrière en latex offre la même protection qu'un préservatif. Cet accessoire est le même que celui recommandé pour la pratique du cunnilingus. Il est malheureusement complexe à se procurer en dehors des fournisseurs spécialisés en articles médicaux ou des Sex shops.
- Lavement
- les inconvénients dus aux reliquats de matières fécales peuvent être réduits par la pratique du lavement avant l'acte, dans le cas d'un anulingus perforant qui ressemble à une sodomie, mais également pour un anulingus plus classique où la proximité du contenu de l'ampoule rectale se fait sentir. Cependant, le lavement ne forme pas une réduction du risque de maladies infectieuses, les germes ou les œufs les induisant ne sont pour la majorité pas localisés dans les fèces. Les virus et bactéries les plus virulents sont localisés dans la paroi intestinale ou dans le sang, et les œufs de parasites sont fréquemment déposés sur la marge de l'anus, dans les replis de ce dernier, attendant d'être transmis par voie manuportée.
Le lavement, par la contrainte importante qu'elle fait subir à la partie inférieure du tube digestif, ou de la mauvaise utilisation de la canule, mais aussi de ses bords potentiellement coupants, pourrait même induire des microlésions et augmenter les risques infectieux.
Cas des parasites intestinaux
Le cycle de transmission oro-fécal de certains parasites intestinaux est généralement génèré par une mauvaise hygiène des mains après défécation ou par grattage de l'anus à cause du prurit induit par les parasites, ce qui est source d'autocontamination et de réinfestation.
Dans le cas de l'anulingus, cette contamination est extrêmement probable, ou alors systématique. Il peut s'ensuivre un cycle de réinfestations perpétuelles pour un couple dont les deux membres ont recours à cette pratique. Cette pratique n'est pas forcément prise en compte dans les risques potentiels de contamination oro-fécale.
Cas du ténia
Ce ver nécessite généralement un hôte intermédiaire qui est le plus fréquemment un bovin ou un porc, chez qui la larve se développe et qui est consommé ensuite par l'être humain. Dans le cas de contamination par ingestion d'œufs de ténia, l'homme peut alors servir d'hôte intermédiaire de substitution. Il se développe alors une maladie correspondant au développement de l'œuf nommé cysticercose, autrement plus dangereuse que l'infection au ténia normal. Cette maladie provoque des atteintes particulièrement grave des muscles ou alors du cerveau.
Il est par conséquent recommandé de ne pas pratiquer l'anulingus sur une personne souffrant de ténia sans une protection par digue buccale. Cependant la contamination est moins probable à cause de la taille des œufs, visibles à l'œil nu.
Orthographe et désignations
Le mot semble avoir été créé de toutes pièces à l'époque moderne. De nombreuses orthographes ont été utilisées de manière plus ou moins abusive, sans que l'une d'entre elles se soit actuellement imposée. On recense ainsi les variantes : anulingus (la plus commune en français, sa relation avec le mot anus étant évocatrice, et la racine lingus se retrouvant dans cunnilingus), anilinctus, analingus (ces deux versions seraient inspirées de l'anglais), anilingus, anulinctus, analinctus. Généralement, l'ensemble des combinaisons des préfixes ana-, ani-, anu- et des suffixes -lingus, -linctus ont été utilisées. Les préfixes anna- ou annu- sont cependant impropres.
Un certain nombre de mots anglais sont utilisés, fréquemment dans le cadre de la pornographie; le plus connu est "rimming".
L'expression rapport bucco-anal s'écrit elle aussi selon plusieurs variantes : rapport buccoanal, rapport oroanal, rapport oro-anal. Le terme retenu dans la Wikipédia en anglais est contact anal-oral. La traduction du rapport Monica Lewinsky emploie l'expression contact oral-anal.
La connotation plus poétique de certaines périphrases permet d'atténuer l'image du terme. Comme toute expression argotique, c'est aussi un code servant à ne pas dévoiler la vraie nature de l'acte. Il est même envisageable que ces termes soient antérieurs aux qui ont précédé, plus médicaux :
- feuille de rose : cette expression se réfère à l'aspect de l'anus. Les pétales froissés d'une fleur fermée et leur défroissement lors de l'ouverture du bouton de la rose est dans ce contexte particulièrement représentatif de la dilatation de l'anus.
- fleur de rose : Cette appellation moins fréquente représente plus le fait qu'on associe l'anus aux pétales.
- pétale de rose : désignerait surtout l'anulingus perforant.
- ↑ En effet, il a été dit par la jeune femme lors d'une déposition filmée qu'elle et le président des États-Unis d'Amérique de l'époque, Bill Clinton, auraient eu des relations "Oral-anal". Ce fait est répertorié dans le rapport du procureur Kenneth Starr : Extraits (Faire défiler la page jusqu'aux citations 28 et 35).
Liens externes
- Positifs, site d'information sur les IST
- Sida-info-service, page sur les risques de contamination suivant les différents types de rapports sexuels
- Doc-Johnson, dans un article sur le SIDA, ce site classe la pratique comme à faible risque de transmission de cette maladie.
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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 06/08/2009.
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