Amour

L'amour est un sentiment envers un être ou une chose qui pousse les personnes qui le ressentent à adopter un comportement, plus ou moins rationnel, les entraînant essentiellement à rechercher une proximité pouvant être tendre, physique, passionnée,...


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L'allégorie de l'amour est généralement le cœur.

L'amour est un sentiment envers un être ou une chose qui pousse les personnes qui le ressentent à adopter un comportement, plus ou moins rationnel, les entraînant essentiellement à rechercher une proximité pouvant être tendre, physique, passionnée, intellectuelle, spirituelle, ou alors imaginaire, vis-à-vis de l'objet de cet amour.


Une émotion complexe

L'amour est une émotion affective à la fois simple et complexe, perturbée par les cultures, débattue depuis des siècles et toujours débattue aujourd'hui. Cet attachement affectif est un sujet de biologie (comment l'amour), de psychologie (l'impact de l'amour et de son absence), de sociologie (son rôle dans les relations humaines), de philosophie (dans quel but aimer ?), de théologie (l'amour de Dieu et l'amour des hommes), d'Art (l'amour dans tous ses arts), de divertissement (les plaisirs de l'amour), d'économie (le commerce de la rencontre amoureuse) et de sciences exactes (les molécules mises en jeu).

Dans la Grèce antique

Ce terme d'amour, recouvre trois sentiments différents de la Grèce antique : l'éros, le philos, et l'agapê.

Thème philosophique

«Vivre d'amour et d'eau fraîche» est un parfait rêvé par certains. Ni guerre ni labeur ; seulement l'amour. «Peace and Love» («Paix et amour»). Plaisir de la non-violence, de la séduction, de l'érotisme et des divertissements sexuels.

L'amour est un thème abordé avec profondeur par la philosophie. A titre d'exemple, pour répondre à cette question : l'homme est-il à la source de l'amour qu'il vit ou l'amour est-il un concept naturel qui s'impose à l'homme ?

Le philosophe Baruch Spinoza qui s'est énormément penché sur la question, surtout dans son Éthique, définit l'amour ainsi :

«L'amour n'est autre chose que la joie, accompagnée de l'idée d'une cause extérieure ; (... ) Nous voyons aussi que celui qui aime s'efforce obligatoirement de se rendre présent et de conserver la chose qu'il aime[2]

Composante principale des religions

Toutes les religions traitent de l'amour.

Principe fondateur de la religion chrétienne, les sociétés judéo-chrétiennes sont fortement marquées par cette notion religieuse de l'amour. L'amour est un des facteurs qui peuvent pousser un individu à avoir la foi en son Dieu. La théologie est la spécialité qui traite de ce sujet. L'amour du prochain se définit comme une force intérieure qui pousse un individu à rechercher la paix ainsi qu'à la partager avec les autres. Le désir d'amour se traduit par celui d'être avec l'autre ou les autres, celui d'accepter de recevoir et de donner, celui de dialoguer, de vivre avec, de comprendre, d'accompagner, etc.

Dans les bouddhismes Mahayana et Vajrayana (bouddhismes vietnamien, chan, zen, lamaïsme), l'Amour est l'une des quatre qualités d'être que le pratiquant doit développer, l'un des «Quatre Illimités» ou «Quatre Incommensurables» : l'amour, la compassion, la joie et l'équanimité. Les tibétains définissent l'amour comme un souhait du bonheur de l'autre ; la compassion, comme un souhait de cessation de la souffrance de l'autre ; la joie, comme une participation à son bonheur ; l'équanimité comme le fait d'être attentif de façon comparable à tout être et toute chose sans établir un attachement privilégié. Tout pratiquant du bouddhisme Mahayana doit souhaiter la «boddhicitta» - «l'esprit d'éveil» - : souhaiter obtenir l'éveil ou les qualités spirituelles pour le bien des êtres, et ultimement, libérer définitivement les souffrances humaines. karuna (sansk. ), est traduit par «compassion» en français et «loving-kindness» en anglais, une activité d'attention aimante envers l'autre. Au Tibet, on décrit la compassion comme l'attitude de la mère attentive face à ses enfants.

Dans le bouddhisme Mahayana, d'une façon générale, la compassion, ou «amour-tendresse» est à développer conjointement à la sagesse (compréhension de la nature réelle, objective des phénomènes, philosophie du non-soi... etc. ) La sagesse sert à s'affranchir de l'idée du soi, par conséquent de toute tendance égotique ou narcissique. En cela, elle participe à l'émergence d'une «compassion illimitée». De même, la sagesse exige une grande compassion pour être actualisée : l'extinction de l'illusion du soi, pour les bouddhistes, exige une illimitée dévotion, une immense abnégation. Aussi, pour les bouddhistes du Tibet, sagesse et compassion (ou «amour-tendresse») se développent l'un l'autre jusqu'à conduire le pratiquant dans une «Terre pure» de boddhisattva - c'est-à-dire jusqu'à l'actualisation du potentiel humain d'amour, de joie, de compassion et d'équanimité.

Dans le bouddhisme ancien, selon l'enseignement du Bouddha, cette vision de l'amour n'apparaît pas. Le Bouddha insiste en particulier sur le détachement qui conduit à la suppression du désir, et par conséquent au bonheur durable (cessation de la souffrance, nirvana). Ce n'est qu'entre les I° et IVème siècles apr. J. -C. qu'émergera le bouddhisme Mahayana pour lequel l'action de compassion et d'amour envers l'autre prime sur l'ascèse et la méditation.

Pour les bouddhismes issus des développements du Mahayana et du Vajrayana, amour, joie et compassion ne sont pas des émotions mais de véritables qualités d'êtres. Les émotions telles la colère, la jalousie, la peur, l'avidité, l'orgueil, passion, ne sauraient durer, elles sont passagères et proviennent de l'attachement et du désir. Au contraire, l'amour, la joie et la compassion peuvent se développer illimitément et sans être obligatoirement dépendantes d'un objet ou de la présence d'un être. Le pratiquant peut les porter en lui, les développer illimitément et au-delà de tout attachement.

Amour et famille

Dans son dernier ouvrage, “le Premier Amour” (Plon, 1999), les enfants sont de grands passionnés et savent particulièrement tôt ce qu'aimer veut dire, “on aime à trois ans comme on aimera toute sa vie”, explique le psychosociologue Francesco Alberoni. [3]

Le lien originel serait la première histoire d'amour selon les chercheurs, une continuation de quête à l'ensemble des histoires amoureuses convoitées. L'attachement sexuel présenterait dès l'apparition une activité neurophysiologique qui se maintiendrait dans l'enfance pour déborder physiquement sur l'âge adulte avec l'afflux d'hormones provoquant des réponses physiologiques à l'adolescence. Jean-Pol Tassin, neurobiologiste au Collège de France, indique que les histoires d'amour sont des éléments émotionnels dans le processus cérébral qui sont un prolongement du lien maternel. «Dès l'apparition, un rapport à la mère basé sur la recherche de plaisirs sensoriels se crée, explique-t-il. Avec ce premier rapport hédoniste, l'enfant au cours de son développement se bâtit ce qu'on peut appeler un “bassin attracteur” : il intègre progressivement ses satisfactions premières et va passer sa vie à rechercher chez les autres des stimulis analogues.» [4]

La famille est un lieu riche en relations amoureuses : amour conjugal, amour maternel, et de manière plus générale, parental, amour filial, fratrie.

L'importance de l'affection des membres d'une même famille entre eux est illustrée par l'émotion vécue dans les grands évènements tels qu'une naissance, un mariage, un succès, une épreuve, un accident, un décès.

L'amour défini par ses contraires

Les sentiments contraires à celui de l'amour seraient la haine, la peur, ou alors l'indifférence.

Mais on dit aussi qu'une particulièrement mince frontière sépare de la haine un amour devenu passion. A titre d'exemple, le fait de ne pas être aimé peut susciter un sentiment de vengeance envers l'objet aimé.

L'amour est un sentiment puissant, une intense émotion, ou alors une pulsion. L'indifférence est par conséquent antagoniste de l'amour. Celui qui est indifférent n'est en effet, en aucune manière, réceptif et attentif à l'autre.

L'amour qui attire les êtres les uns vers les autres s'oppose alors à la peur qui éloigne les uns des autres (la haine étant un amour destructeur).

L'autre n'est pas amour, il agit par intérêt de l'autre. L'amour fut, mais il n'est point. Où est l'amour : dans le vice et l'absolu contraire.

L'amour et les Arts

Dans l'ensemble des époques, l'amour, comme «désir», a inspiré les artistes de l'ensemble des disciplines artistiques. C'est un thème récurrent et majeur avec le temps; conséquences de l'apparition, de la vie et la mort.


Les thèmes de l'amour dans les arts plastiques

L'amour a toujours été un thème de prédilection dans l'histoire de la peinture et de la sculpture, par la représentation de situations amoureuses ou par la symbolique ou l'allégorie, faisant intervenir des personnages mythologiques.

Certains thèmes ou personnages mythologiques ou historiques reviennent :

D'autre part, nombre de scènes amoureuses de la vie quotidienne des hommes ont été représentées, depuis la cour faite à l'être aimé au drame amoureux, en passant par le baiser langoureux ou le libertinage. Un exemple est le tableau de Fragonard appelé le Verrou .


Dans la littérature

L'art poétique et le roman sont , avec la chanson, quelques-uns des moyens de prédilection de l'expression verbale de l'amour.

À travers les âges, la littérature a reflété des tendances de l'amour, des divinités mythologiques à l'amour réaliste de notre époque.

Psychisme

Sur le plan psychique, la psychanalyse considère que les premières relations parents-enfants sont déterminantes dans l'esprit d'une personne et de sa vision de l'amour. Les relations mère-fils ou père-fille, surtout, sont spécifiquement marquantes. Les relations parents-enfants sont le plus souvent déséquilibrées : le parent répond aux besoins de l'enfant. On dit dans ce cas que l'amour de l'enfant est captatif et celui des parents oblatif.

En grandissant l'enfant apprendrait à rééquilibrer ces relations. Cet apprentissage peut échouer à tel ou tel moment, et l'adulte en gardera un manque de maturité s'il n'en prend pas conscience et une vision de l'amour plus ou moins blessée. Les relations de ses parents entre eux seraient aussi importantes dans la construction de cette idée de l'Amour.

Elégie et manque d'amour

peinture utopique de William Bouguereau, XIXe siècle

Combler un manque

L'amour peut être perçu principalement comme la quête d'un manque, quand la notion oblative ne s'est pas développée.

L'amour qu'on porte à une personne ou un objet naîtrait par ce qu'il nous apporte ou est susceptible de nous apporter. «Aimer» ne serait autre qu'une façon inconsciente d'avouer sa propre impuissance à l'autonomie pour un besoin spécifique à un moment donné. Besoin d'aimer ou besoin de se sentir aimé ne serait autre qu'un besoin égoïste, qu'une attente de la personne qui pourrait combler les ‘manques'immatériels ou matériels que nous ne serions pas capables de satisfaire par nous-mêmes. A titre d'exemple, en Occident, le besoin d'un enfant entraînerait le besoin d'une compagne ou d'un compagnon à nos côtés, besoin qui nourrit un sentiment d'amour ou de besoin d'amour pour la personne qu'on attend pour concevoir cet enfant.

La réalité psychique du besoin d'enfant résiderait plus dans un besoin de sécurité motivé apparemment par le bien de l'enfant : le nourrir et l'accompagner vers l'âge adulte. Mais cette attitude, apparemment généreuse, sous-tendrait en fait un désir caché du parent d'être accompagné vers la vieillesse.

Dans ce type de situation, «aimer» ou dire «je suis amoureux (se)», serait une façon inconsciente de dire : «j'espère que la personne pour laquelle j'éprouve des sentiments amoureux m'apportera les choses que j'attends d'elle». Tant qu'on sent chez la personne aimée la présence des choses qu'on attend d'elle, le sentiment perdure, mais si la personne aimée perd ou ne dispose pas d'une partie de ce que l'autre attend, le sentiment d'amour s'estompe ou s'éteint. Quand ce sentiment s'estompe, il n'est pas rare d'entendre : «Nos deux chemins se sont scindés» car «mes besoins ont changés», «nous n'avons pas suivi la même route», etc. Dès lors, la personne qui se sent «en danger» peut être sujette à des crises d'anxiété. La personne quittée peut y être plus ou moins indifférente ; si tel n'est pas le cas celui qui est «abandonné» aura certainement un sentiment de tristesse, de jalousie, de colère ou même de haine

Quand on analyse ce type de relation, on est tenté d'utiliser des rapports proportionnels et de donner une note de 1 à 100 à l'amour ‘offert'à la personne aimée; par exemple 75 ; l'autre personne ne pourrait pas aimer au-delà de 25… Cette relation amoureuse serait, par définition, déséquilibrée ; si le déséquilibre demeure trop important, la séparation devient l'unique porte de sortie car la relation devient insupportable pour les deux parties tant les reproches, les disputes sont présentes. C'est la personne qui aime le plus qui ferait le plus de reproches ou provoquerait le plus de disputes. L'histoire d'amour qui dure serait une histoire dans laquelle la ‘note'd'amour des deux belligérants serait proche de 50, une sorte d'équilibre mû par les indispensables projets avoués ou inavouables des deux êtres qui s'aiment.

Zoologie : comportements amoureux chez les hominoïdes

Zoologiquement, la vie et le comportement sexuels de l'homme présentent de nombreux points communs avec ceux des autres primates, et d'une façon plus générale avec la totalité des mammifères. L'observation de l'espèce la plus proche de l'homo sapiens sapiens, le chimpanzé nain du Congo ou bonobo (Pan paniscus), mais aussi celle des autres grands singes, suggère que l'amour ne serait qu'une forme évoluée de phénomènes existant déjà chez nos cousins sous forme atténuée.

Physiologiquement, le coït tel qu'on l'observe chez l'homo sapiens ne change guère de l'accouplement chez les grands singes. Par contre, la séquence amoureuse, des premières approches, de la séduction jusqu'à l'accouplement, semble avoir évolué parallèlement à l'hypertrophie du cortex cérébral dont a été pourvue notre espèce au cours de son évolution récente. Les aptitudes à l'idéation, l'imagination, l'anticipation ainsi qu'à la stratégie qui en résultent ont complexifié le processus à l'extrême.

L'attachement durable, la formation de couples assez stables s'observe aussi chez nos cousins, mais sans atteindre la diversité des comportements individuels, la durée, et le rôle essentiel de l'imaginaire constatés dans la vie amoureuse humaine.

Un autre facteur qui nous distingue des singes, avec d'énormes conséquences, est la disponibilité quasi constante de la femelle humaine à l'accouplement, ce qui n'existe pas chez les autres mammifères.

Les zoologues se sont en outre intéressés à l'avantage concurrentiel, du point de vue de l'espèce, que donne l'amour tel qu'il se manifeste chez l'homme. Il apparaîtrait comme indispensable à la sécurisation du couple durant la période d'extrême vulnérabilité des jeunes, elle-même suivie de la phase de développement de l'intelligence d'un adulte, moments qui, rapportés à leurs équivalents chez les espèces proches, sont extrêmement longs.

En outre, les comportements sexuels se manifestent de manière extrêmement variable chez les animaux[5]. D'un point de vue évolutif, la grande variété des comportements amoureux influencerait la diversité des espèces.

Aspect neurologique et biochimique du sentiment amoureux

Le désir charnel, la passion amoureuse, se définissent d'un point de vue biochimique par la libération de phéromones et la modification des taux hormonaux. Cet état altéré de l'esprit, inhibant surtout les aires cérébrales associées à la critique de l'autre ainsi qu'à l'ennui, peut durer plusieurs années, ou alors toute une vie (humaine).

Chez les animaux, par exemple, une intervention dans un processus naturel comme l'accouchement perturbe l'attachement de la femelle envers son petit. Ainsi, «des brebis parturientes ayant subi une anesthésie péridurale ne manifestent pas de comportement maternel[6]».

Relations sexuelles

Cygnes formant un cœur ?

L'amour ne change pas principalement dans les diverses cultures humaines, les parades de séduction restant à la base les mêmes en Afrique, en Orient, en Europe ou en Amérique du Nord. C'est plutôt l'attitude à l'égard du désir féminin, dont la répression est fréquente dans énormément de sociétés (voir aussi Comportement et langage), qui change de forme extérieure.

Le comportement amoureux dans le monde

Le comportement sexuel fluctue fort peu suivant les diverses sociétés humaines. Les modes de séduction, de contacts, les parades et les expressions faciales ne présentent que des différences mineures et particulièrement extérieures. L'Europe n'a plus le monopole de la représentation massifiée du comportement amoureux ; néenmoins, les deux grandes industries cinématographiques du monde, occidentale et indienne, montrent de manière saisissante le caractère uniforme des représentations collectives de la sexualité dans des cultures différentes, a fortiori sachant que ces deux cinémas ont chacun une aire d'influence qui va bien au-delà de leurs sphères géographiques propres. Les films Indiens sont depuis longtemps projetés dans l'ensemble des cinémas du Moyen-Orient et du monde arabe, alors que le cinéma occidental a depuis longtemps fait la conquête du Japon et de la zone d'influence chinoise.

Néanmoins certains détails comportementaux sont culturellement acquis. Le baiser avec la langue, par exemple, qui semble naturel en Occident, en Chine, dans le monde arabe, en Inde (civilisations ô combien expertes en matières de raffinements érotiques, du fameux Kâma Sûtra, rédigé par le brahmane Vatsyayana vers le début de l'ère chrétienne aux contes des mille et une nuits), était certainement inconnu en Afrique subsaharienne avant l'arrivée des Européens. Dans Ma vie secrète, un anonyme licencieux de l'époque victorienne rapporte qu'il a dû «apprendre» cette pratique, qui n'allait pas de soi. Il s'agirait par conséquent d'un trait culturel, mineur, mais réel.

L'homosexualité est un comportement attesté depuis la plus haute antiquité et fort bien documenté. D'un point de vue psychologique, l'amour entre homosexuels ne change pas significativement de l'amour hétérosexuel.

Internet a modifié quelque peu les relations amoureuses dans le monde en facilitant les contacts à distance. De nombreux couples issus de continents différents se sont constitués grâce à ce nouveau média.

Comportement et langage

Paradoxalement, l'acte le plus naturel du monde (la reproduction) tout comme certaines fonctions corporelles (la défécation) sont accompagnés chez l'Homme d'interdits sociaux visibles au niveau du langage et du comportement. Il existe dans l'ensemble des sociétés humaines des tabous relatifs à ces fonctions. Par exemple l'Homme est l'unique animal qui se réunit en groupe pour manger mais, dans certaines cultures, s'isole pour déféquer. De même, l'acte sexuel se fait plutôt dans l'isolement (l'amour en groupe est reconnu comme déviant). Le langage est lui-même empreint de ces valeurs morales qui distinguent ce qui est «propre» de ce qui est «sale». De tous temps, la majorité des religions ont reconnu comme nuisible pour la vie de l'individu le fait de vouloir satisfaire l'ensemble des pulsions sans critères de limite (voir libertinage, célibat, abstinence) ou au contraire pour en faire le centre de leur philosophie dans certaines sectes (le gourou s'adjuge l'ensemble des femelles du groupe). Le langage distingue ainsi dans probablement l'ensemble des langues du monde plusieurs niveaux pour désigner la copulation : poétique (union), vulgaire (baiser et une illimitété d'autres termes), médical-scientifique (coït) etc. Quelques exemples d'euphémismes qui évitent d'être trop explicite : tandis que les expressions faire l'amour, to make love sont sans équivoque, on préfère éviter la formulation directe (choquante) en disant «coucher avec quelqu'un» ou même to sleep with somebody en anglais, mit jemandem schlafen en allemand (tandis que précisément il n'est pas question de dormir !). Au même titre, sich lieben (s'aimer en allemand) reste ambigu et peut désigner tout autant le sentiment que l'acte charnel. Le choix du partenaire résulte en fin de compte d'un équilibre subtil entre l'attirance consciente ou culturelle (goûts communs, littérature, musique, niveau de langage, richesse, comportement social etc. ) et l'attirance inconsciente ou naturelle (physique, odeur, sentiment de sécurité en vue de la procréation etc. ).

Approches littéraires
  • le roman brittonique anonyme Tristan et Iseut
  • Apollinaire, «Le Mal-aimé» in Alcools et Poèmes à Lou
  • Aragon, Cantique à Elsa
  • Barthes, Roland, Fragments d'un discours amoureux
  • Breton, l'Amour fou
  • Bruckner, Pascal, Lune de fiel
  • Lord Byron, Don Juan
  • Cohen, Albert, Belle du Seigneur
  • Dante, Vita Nova
  • Eluard, Derniers poèmes d'amour
  • Guillaume de Lorrain et Jean de Meung, le Roman de la Rose
  • Pétrarque, Canzoniere
  • Plutarque, De l'Amour (Erotikos)
  • Pœ, Edgar Allan, Lettres d'amour
  • Sade, Marquis de , Les Crimes de l'amour
  • Stendhal, De l'amour

Approches philosophiques

Approches historiques

  • Michel Foucault, Histoire de la sexualité en trois tomes (la Volonté de savoir, l'Usage des plaisirs et le Souci de soi), Gallimard, 1976-1984
  • Elisabeth Badinter, L'amour en plus : histoire de l'amour maternel (XVIIe-XXe siècle) , Flammarion éditeur, 1980, ISBN 2 08 081100 2.

Approches sociologiques

  • Jean Duvignaud, La Genèse des passions dans le vie sociale, PUF, 1990
  • Zygmunt Bauman, L'Amour liquide. De la fragilité des liens entre les hommes, Le Rouergue, 2004
  • Francesco Alberoni, Le Choc amoureux, Je t'aime, tout sur la passion amoureuse, Le vol Nuptial, L'érotisme.

Approche dans la chanson

De nombreuses chansons évoquent l'amour, avec des points de vue divers, selon le compositeur ou le style musical.

Notes et références

  1. On notera cependant que pour les anciens le «vrai» amour était fréquemment l'amour viril (voir les larmes versées par Achille sur le corps de Patrocle et son indifférence pour Briséis, par exemple, dans l'Illiade, tandis que l'amour «mixte» était fréquemment reconnu comme le fait d'hommes efféminés ou victimes d'un dieu, comme l'est Paris. Cependant, ce cliché est le plus souvent nié dans la poésie amoureuse antique qui traite en grande majorité de l'amour mixte mais il est fréquemment présenté comme une maladie, une malédiction. Voir, par exemple, à Rome Ovide et ses Amores Catulle et Délia, ou en Grèce Appolonios de Rhodes ou Téocrite pour la comparaison entre amour «mixte» et amour viril
  2. Spinoza et Nous - Philosophie de l'affirmation - Citations de Spinoza
  3. “On aime à trois ans comme on aimera toute sa vie” propos recueillis par Catherine Marchi
  4. la biologie à la conquête de l'amour
  5. Le biologiste Thierry Lodé parle de «biodiversité amoureuse».
  6. «Le rôle de l'odorat dans les relations interindividuelles des animaux d'élevage», 1997, INRA Prod. Anim., 10, 339-348.

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